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09/03/2012

Sarkozy organise son premier référendum... contre lui-même!

Tel un derviche tourneur qui cherche à fasciner l'électeur par ses tourbillons de promesses, Nicolas Sarkozy multiplie les annonces, quitte à parfois rabâcher des propositions déjà faites en 2007 ou bien à aller plus loin que sa pensée, comme pour la taxation minimale sur les grandes entreprises, ramenée à pas grand chose dans la foulée par son ministre Baroin alors que les entreprises du CAC 40 viennent d'annoncer 74 milliards de bénéfices pour à peine 10 milliards d'impôts...

Cet activisme avait un but: monter l'inanité présupposée du programme de son concurrent socialiste dont le seul but serait de transformer le scrutin présidentiel en un référendum anti-Sarkozy. Et voilà que patatras, le Président sortant affirme qu'il prendra sa retraite s'il est sorti par les urnes. Quel meilleur appel à un référendum contre sa personne! Erreur de communication ou cohérence programmatique? Après tout n'a-t-il pas placé son éventuel second quinquennat sous le signe du référendum....

PS: J'ai écouté François Bayrou hier soir effectivement renvoyer dos à dos Sarkozy, le candidat de la "division", et Hollande celui de "l'illusion". Les commentateurs en son restés là. Pourtant, lors de son duel avec Manuel Valls, qu'il a un peu étrillé, il a donné une indication selon moi très claire de son vote au second tour si lui-même n'était pas qualifié. Interrogé par le porte-parole de la campagne socialiste sur le fait de savoir si la priorité pour lui était les "valeurs" ou le "programme", le Béarnais a naturellement mis en exergue les valeurs. Pour rappel François Bayrou fustige les "valeurs" de Nicolas Sarkozy et désapprouve le "programme" de François Hollande....

03/01/2011

Des 35 heures, faisons table rase!

Ce début d'année étant placé sous le signe de l'indignation, en hommage à Stéphane Hessel et à son revigorant opuscule à succès, "Indignez-vous!", je n'allais pas laissé passer l'occasion pour ce billet de rentrée de remettre Benoit Hamon dans "le droit chemin", cette attitude rectiligne étant ce que le porte-parole du PS a réclamé lui-même ce matin à Manuel Valls, député-maire d'Evry, après que ce dernier eut oser la veille appeler la gauche à "déverrouiller" le débat sur les 35 heures. Certes on peut suspecter le candidat aux primaires socialistes de jouer un jeu tactique, en s'en prenant à la loi emblématique portée à l'époque par l'actuelle Première secrétaire, Martine Aubry. Reste que contrairement à ce qu'affirme Benoit Hamon, Manuel Valls n'a pas eu par ses propos une "mauvaise intuition politique", mais au contraire posé un vrai problème avant que la campagne présidentielle ne s'en empare nécessairement.

En effet, les 35 heures ne sont pas vécues par tous, loin de là, comme un progrès social. D'abord, cette disposition a grandement contribué à geler l'évolution salariale pour les catégories ouvriers/employés, ce qui devient la principale revendication dans nombre d'entreprises et explique la soif d'heures supplémentaires. Ensuite si toutes les entreprises sont tenues de respecter la durée légale du travail à 35 heures, le personnel travaillant dans celles employant moins de 20 salariés n'a en revanche pas droit aux fameux RTT. Je rappelle que cela concerne 30% des salariés français, souvent dans les secteurs pénibles du transport et du bâtiment, qui subissent ainsi une double peine: les bas salaires et l'absence de repos compensateur. Enfin les 35 heures coûtent chaque année prés de 25 milliards d'euros en allègement de charge, ce qui constitue une part substantielle des 92 milliards de déficits budgétaires courant escomptés en  2011. Le tout pour un résultat mitigé en termes de création ou de maintien d'emplois, selon la dernière enquête de l'Insee.

Dominique Strauss-Kahn, l'inspirateur Il faut en outre avoir la mauvaise foi d'un Benoit Hamon chevillée au corps pour considérer que critiquer les 35 heures reflèterait "une méconnaissance de la réalité de l'organisation du travail aujourd'hui". Le travail est en effet indéniablement désorganisé par les 35 heures, l'exemple récent le plus flagrant étant cette triste épopée vécue le 27 décembre par les 600 passagers du train Strasbourg-Nice, lequel, entre autres avanies, a du subir un changement de conducteur en cours de route, celui ayant embarqué au départ ayant déjà accompli son temps de travail! Alors oui, j'estime avec Manuel Valls qu'il est temps de "déverrouiller" le débat sur les 35 heures. En attendant d'entendre les propositions de Dominique Strauss-Kahn, lui qui en fut le véritable inspirateur auprès de Lionel Jospin, dont la ministre du Travail de l'époque, Martine Aubry, n'était guère enthousiaste au départ.

 
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