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03/12/2010

Eric Cantona va droit au but

Si je n'étais en découvert, c'est sans hésiter que je répondrais à l'appel d'Eric Cantona de retirer tous les avoirs de mon compte bancair.e Avec d'autant plus de délectation qu'en 2009, au plus fort de la crise financière, BNP-Paribas a racheté pour une bouchée de pain la Fortis, ma banque, dernier avatar agonisant de la bonne vieille Générale de Belgique, non sans se foutre ouvertement de la gueule des clients déjà titulaires chez elle d'un compte français. Alors qu'il s'agit désormais du même groupe, BNP applique en effet des frais pour les virements entre le compte belge et le compte français, ce qui, vous en conviendrez, est un vol manifeste, pour autant d'ailleurs que le principe des frais de transfert en euro dans la zone euro ait une justification quelconque à l'heure des codes Swift et IBAN.

Mais qu'importe mon cas personnel! Je lis que 30 000 personnes ont décidé de se rendre au guichet le 7 décembre pour ce grand nettoyage des comptes et que l'initiative est relayée dans de nombreux pays d'Europe. Quand bien même, ce "bank run" ne suffira probablement pas à désorganiser la planète finance, du moins cela aura provoqué un vent de panique chez nos chers banquiers et leurs ardents défenseurs. "Chacun son métier : il y en a qui jouent magnifiquement au football, je ne m'y risquerais pas, je crois qu'il faut intervenir chacun dans sa compétence", déclare ainsi l'ineffable Christine Lagarde, dont l'indépendance à l'égard des milieux financiers est bien connue. "Ce serait comique si ce n'était tragique", renchérit notre grand comique argentier François Baron.  "Une initiative mal fondée", selon Beaudouin Prot, le directeur général de BNP-Paribas, mon arnaqueur favori. "Ce serait dramatique pour l'ensemble du système", s'alarme François Sammarcelli, directeur général de la Société Générale, dont la réputation en matière de système défaillant n'est plus à faire: la justice française elle-même a reconnu que Jérôme Kerviel a pu engager 50 milliards d'euros sans que sa hiérarchie à la Société Générale ne s'en rende compte!

Mélange des genres Le sémillant président de la Fédération bancaire française, François Pérol, a pour sa part préféré se taire: c'est heureux pour cet homme de grande probité, ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée qui a géré la fusion des Banques Populaires et de la Caisse d'Epargne avant d'en prendre la direction, avec celle de Natixis, la banque d'affaire qu'il avait contribué à créer lorsqu'il était associé gérant chez Rotschild et dont les dérives en matière de dérivés ont failli emporter ses maisons-mère. Un destin surprenant quand on sait à quel point les amis et collaborateurs de notre cher Président ne cèdent pourtant jamais au conflit d'intérêt ou au mélange des genres. Qu'aurait en effet pu dire M. Pérol? Rappeler que les banques privés et autres gestionnaires de fortune, que ce personnage peu ragoûtant connait si bien, conseillent depuis des semaines à leurs riches clients de retirer leurs avoirs en euros, ce qui n'a pas peu contribuer à la déstabilisation de toute la zone?

 
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