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19/04/2012

Rien ne vas plus, les jeux sont faits

La seule certitude au soir du 6 mai prochain, c'est que les problèmes économiques structurels auxquels la France est confronté demeureront entiers. La responsabilité sarkozyste est certes écrasante dans cette situation, mais rien dans le programme et les annonces de François Hollande ne laisse espérer son intention d'inverser la tendance. Certains rêvent d'un troisième tour social. La réalité promet plutôt un tour de vis.

Compte tenu de l'état de nos finances publiques, à partir de septembre les salaires de la fonction publique nationale, territoriale et hospitalière seront en effet payés grâce à l'argent emprunté sur les marchés financiers. C'est déjà une aberration mais cela risque en plus de devenir une impossibilité. Le dernier rapport du FMI, et sa directrice générale Christine Lagarde sait de quoi elle parle pour avoir participé à cette gabegie, indique clairement que les engagements budgétaires pris par Paris ne seront pas tenus. 

Du coup, il est plus que probable que Moody's dégradera la note de la dette souveraine française dès la mi-mai, comme Standard's & Poors l'avait déjà fait en janvier. L'avis négatif de deux des trois agences de notation ne sera pas sans effet sur les taux d'intérêt auxquels emprunte l'Agence France Trésor, en charge d'alimenter le budget courant en argent frais. La France emprunte aujourd'hui à 10 ans aux alentours de 3%, montant nominal déjà en constante hausse depuis des mois et prés du double du taux allemand. En cas de dégradation de la note française, on peut redouter un taux à 5 ou 6%, comme en Italie ou en Espagne, ce qui majorera d'autant le coût des salaires des fonctionnaires. Combien de temps cela est-il tenable?

19/03/2012

L'oeuvre au noir de Nicolas Sarkozy

Bernard Tapie a apporté hier soir son soutien à Nicolas Sarkozy avec des arguments de haute volée: Hollande est un "cake" et Sarkozy est "le mec qui a sauvé (...) votre épargne, mon épargne". En réalité, Sarkozy est surtout celui qui a (re)créé "l'épargne" de Tapie: 285 millions d'euros récupérés en 2008 sur le dos du contribuable grâce au jugement complaisant d'un tribunal arbitral opportunément convoqué, contre l'avis de son administration, par la ministre des Finances de l'époque, Christine Lagarde. "Un abus d'autorité", a d'ailleurs estimé le parquet général de la Cour de cassation qui a confié en août dernier à la Haute Cour de Justice de la République une enquête pour "complicité de détournement de biens publics et complicité de faux" à l'encontre de la Grande Duduche, exfiltrée aussitôt au FMI par Sarkozy.

La Haute Cour de Justice de la République qui s'intéresse aussi de prés à un autre ex-ministre de Sarkozy, Eric Woerth, avec pas moins de trois instructions pour "prise illégale d'intérêt" ouvertes en janvier 2011. Il s'agit d'éclaircir les conditions de la vente d'une parcelle de 57 hectares de la forêt de Compiègne comprenant un golf et un hippodrome, pour 2,5 millions d'euros, à la Société des courses de Compiègne (SCC). Une vente domaniale qu'avait toujours refusée le ministère de l'Agriculture, et dont le prix est jugé bradé. Le fait que le président du SCC, Antoine Gilibert, soit membre du premier cercle des donateurs de l'UMP dont Woerth était trésorier, et que Hubert Monzat, directeur général de France Gallop, société contractante de la SCC, était également le collaborateur d'Eric Woerth au ministère du Budget, est naturellement un hasard.

Ame damnée Accessoirement, Eric Woerth a été par ailleurs mis en examen en février dernier par la justice ordinaire pour "trafic d'influence passif" et "recel de financement illicite de parti politique" dans l'affaire à tiroir dite Liliane Bettencourt, autre généreuse donatrice du premier cercle de l'UMP et fraudeuse fiscale avisée: sa comptable était la femme du ministre du Budget! Pour faire bonne mesure, le procureur de Nanterre, Philippe Corroye, qui ne cache pas sa sarkozyte aigüe, avait été mis en examen en janvier dernier, pour avoir fait espionner les journalistes qui précisément enquêtaient sur la dite affaire Woerth-Bettencourt. Une inculpation précédée en octobre 2011, par celle de Bernard Squarcini, chef de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et âme damnée de la police politique sarkozyste qui a multiplié les écoutes illégales. 

Autre feuilleton à rebondissement: l'affaire Karachi, cet attentat au Pakistan qui a coûté la vie à 14 personnes, dont 11 de nos compatriotes, en raison, estime non sans preuves le juge d'instruction saisi de ce dossier tentaculaire, d'une sombre affaire de rétro-commission pour la vente de frégates militaires à Islamabad, dont le fruit devait servir au financement de la campagne d'Edouard Balladur de 1995. Nicolas Sarkozy n'est bien sûr en rien mêlé à cette magouille: il n'était que le porte-parole du Grand Mamamouchi. C'est donc sans aucun rapport avec lui que deux de ses plus proches amis, Nicolas Bazire, témoin de son mariage avec Carla Bruni, et Thierry Gaubert, ex-secrétaire général de la mairie de Neuilly-sur-Seine quand il en était maire, ont été mis en examen dans cette affaire pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux". Dans ce palmarès des riches soutiens de Sarkozy inculpés dans l'affaire Karachi, n'oublions pas le salopard en chef, Ziad Takkiedine, l'homme qui entre deux ventes d'armes, passe ses vacances avec Jean-François Copé et qui, acculé par la justice, vient de révéler au magistrat instructeur que Kadhafi avait financé la campagne de 2007 comme un vulgaire donateur du premier cercle. On comprend mieux pourquoi le dictateur libyen a été exécuté avant de parler.

Baratin pour électeurs gogos Le portrait de cette République irréprochable promise par le Président sortant serait incomplet si on ne citait les ministres contraints ces dernières années à la démission pour divers agissements que la morale réprouve: Christian Blanc, qui faisait payer sa consommation annuelle de dizaines de milliers d'euros de cigares cubains par le contribuable, Michèle Alliot-Marie, en affaires immobilières avec le clan tunisien Ben Ali, Alain Joyandet, qui abusait de ses fonctions pour arracher un permis de construire illégal à Saint-Tropez, ou encore George Tron, qui s'est révélé un DSK au petit pied.

Il n'étonnera personne d'apprendre que la plupart des protagonistes de ces scandales qui ont émaillé le quinquennat étaient au Fouquet's le soir de la victoire de leur maître à tous. Car seuls les naïfs refusent de voir que Sarkozy n'est qu'un chef de bande dont l'unique objectif est de permettre à ses amis de s'en mettre plein les fouilles, quoiqu'il en bafouille sur cette gargote populaire. Tel un chevalier mélenchonien, il a désormais l'intention de poursuivre les exilés fiscaux jusque dans les chiottes de Bruxelles et Genève. C'est gravement se foutre de la gueule du monde. A l'instar de son complice Claude Guéant, qui se découvre une vocation de député à 60 ans passé, la seule chose que cherche Nicolas Sarkozy en multipliant les promesses pour se faire réélire est d'obtenir l'immunité judiciaire. Le reste n'est que baratin pour électeurs gogos. 

02/09/2011

Docteur Lagarde et Miss Christine

Le micmac transatlantique sur la mauvaise santé supposée des institutions financières et bancaires européennes a au moins le mérite de dévoiler la double face, voire la duplicité, de Christine Lagarde. Notre ministre de l'Economie et des Finances s'était en effet félicitée du sérieux des stress tests bancaires menés cet été, lesquels avaient en particulier écarté tout risque de défaillance pour les banques françaises. Devenue directrice générale du FMI, la même Christine Lagarde doute désormais ouvertement des certitudes de Lagarde Christine et prétend que les banques européennes sont gravement sous-capitalisées et que le système financier européen risquerait le collapse en cas de défaut sur dette souveraine. Diantre! L'évolution "hors contrôle" de l'endettement grec laissant à nouveau craindre le pire, on aimerait comprendre d'où vient cette volte-face.

Lehmann Brother à l'envers J'avoue être insuffisamment spécialiste des normes comptables internationales pour savoir trancher de la querelle opposant les uns et les autres sur la valorisation réelle des actifs bancaires. Il est néanmoins évident, et légitime compte tenu de son environnement politique et intellectuel, que le FMI en la matière soit sensible à l'interprétation américaine des normes édictées par l'International Accounting Standards Board (IASB). En bonne porte parole de son institution, Mme Lagarde ne fait donc que relayer les craintes américaines d'un Lehmann Brother à l'envers, une crise de confiance inter-bancaire prenant naissance en Europe et dont l'emballement pourrait gripper jusqu'aux rouages financiers outre-atllantique et mondiaux. Remarquons du reste que sans attendre l'expertise des économistes du FMI, les marchés avaient déjà tout l'été sanctionné le secteur bancaire européen, les professionnels doutant d'instinct de la fiabilité des résultats des stress tests dès leur publication le 18 juillet.

Pourtant certains, et pas des moindres, contestent la probabilité de ce scénario noir. C'est le cas, une fois n'est pas coutume, de la méchante agence Moody's qui, dans cette affaire, vient à la rescousse des banques du Vieux Continent, selon elle pas si menacées que ça finalement par la crise obligataire, grâce en particulier à l'interventionnisme de la BCE sur le marché secondaire de la dette souveraine. D'autres osent aller beaucoup plus loin, à l'instar de l'inattendue Laurence Parisot, la cheftaine du Medef accusant carrément les Etats-Unis de complot anti-euro, la Maison Blanche et le Grand Patronat Yankee tentant de repasser le mistigri du Krach final aux Européens afin de mieux faire oublier leur propre montagne de dettes. De fait, on peut s'interroger sur la rationalité de la spéculation sur l'Eurozone où l'endettement atteint 85% du PIB quand le dollar reste à l'abri de toute pression des marchés malgré les 100% d'endettement américain, des perspectives de croissance aussi molle qu'en Europe et une situation politique guère plus brillante.

Grande Duduche Les stress bancaires étaient-ils de bonne qualité ou non? Le système financier européen est-il menacé, oui ou non? Les banques françaises sont-elles victimes de rumeurs de marchés malveillantes ou bien leurs engagements sur la dette souveraine grecque, espagnole, italienne sont-ils si lourds que la faillite les guette réellement? Selon qu'elle est à Paris ou Washington, Christine Lagarde ne tient pas le même discours. Ou plutôt si, elle tient toujours le discours de celui qui la paye. Normal pour l'ancienne dirigeante de Baker et Mc Kenzie, une de ces firmes d'avocats d'affaires qui ont inventé la financiarisation de l'économie en convaincant tout au long des années 80 et 90 les patrons américains et européens qu'ils ne dirigeaient pas une usine ou un commerce, mais qu'ils possédaient des murs, des machines, du matériel et du stock, autant d'éléments convertibles en produit financier autonome. Cette grande Duduche à l'allure chic et technocratique invente donc la financiarisation de la parole publique. Quand elle est payée pour dire que ça va bien, ça va bien. Quand elle est payée pour dire le contraire, elle dit le contraire. Cela ne fait que traduire la morgue emblématique de cette caste qui dirige le monde sans aucune intention de le changer et qui fait perdre toute confiance dans les institutions politiques. 

 
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