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19/03/2012

C'est celui qui le dit, qui l'est

Comme chacun s'en souvient, si le 18 avril 2002, Paul Voise, modeste retraité résidant dans les environs d'Orléans, a été agressé par deux crétins qui incendirent son pavillon, c'était de la faute à Lionel Jospin et aux socialistes qui encourageaient les voyous et autres délinquants par leur politique laxiste. Ce fut en tout cas le refrain entonné aussitôt par TF1, et ressassé pendant 72 heures par LCI, pour animer une campagne présidentielle réputée morne et perdue pour Jacques Chirac. 3 jours plus tard, la France apeurée par cette propagande imbécile, plaçait Le Pen au second tour. Et si aujourd'hui, à un mois du premier tour de l'élection présidentielle 2012, un tueur en série de militaires arabes, noirs et d'enfants juifs sévit dans le sud de la France, n'est-ce pas de la faute de Sarkozy, Guéant et consort dont les propos nauséabonds depuis des mois ont armé la main du tireur raciste? Alors, ça fait quoi, le petit Nicolas, d'être la cible d'un amalgame abject?

17/01/2012

Rendez nous la cagnotte!

Il est de bon ton, côté socialiste, de charger la barque sarkozyste pour expliquer la dégradation de la note française. De fait, les erreurs de politique économique et budgétaire ne manquent pas depuis le début du quinquennat, à commencer par l'entêtement du chef de l'Etat à récompenser les rentiers et à protéger les grosses fortunes. La tare originelle demeure l'inspiration même du Sarkozysme, qui ne jurait que par le modèle économique anglo-saxon, privilégiant la finance sur la production, et raillait nos besogneux de voisins allemands qui préféraient investir dans l'industrie. C'était l'époque où les visionnaires véreux de la fin du XXème siècle, tel l'ineffable Alain Minc, le grand pote de notre président, nous promettaient un avenir radieux sans usines.

Reste que l'endettement français ne date pas de 2007: plus aucun budget français n'est à équilibre depuis 1976. Dans la mesure où François Mitterrand a été président de 1981 à 1994 et Lionel Jospin Premier ministre de 1997 à 2002, il est assez difficile de nier la responsabilité socialiste. D'autant moins que le PS a laissé des traces écrites de sa gabegie. Portée par une activité mondiale soutenue, la France a connu au tournant du siècle une croissance forte, de l'ordre de 3,20% annuel pendant 5 ans de gouvernement "gauche plurielle". Tellement forte d'ailleurs que les rentrées fiscales avaient permis en 2000 d'accumuler des surplus budgétaires considérables, prés de 80 milliards de francs (plus de 11 milliards d'euros).

Elément tangible Laurent Fabius, qui était alors un homme respectable et d'ailleurs respecté comme ministre des Finances, avait un plan clair pour la préparation du budget 2001: consacrer l'essentiel de cette "cagnotte" inespérée au désendettement de la France. Sous la pression de Michel Sapin, un grand donneur de leçons hollandiste - et qui à l'époque était ministre de la Fonction publique - c'est exactement l'inverse qui a été tranché par Lionel Jospin: moins d'un milliard d'euros pour réduire les déficits et les 10 autres milliards pour augmenter le salaire des fonctionnaires. Je n'ai hélas aujourd'hui aucun élément tangible qui m'amène à penser que le PS agira différemment s'il revient au pouvoir. 

03/01/2011

Des 35 heures, faisons table rase!

Ce début d'année étant placé sous le signe de l'indignation, en hommage à Stéphane Hessel et à son revigorant opuscule à succès, "Indignez-vous!", je n'allais pas laissé passer l'occasion pour ce billet de rentrée de remettre Benoit Hamon dans "le droit chemin", cette attitude rectiligne étant ce que le porte-parole du PS a réclamé lui-même ce matin à Manuel Valls, député-maire d'Evry, après que ce dernier eut oser la veille appeler la gauche à "déverrouiller" le débat sur les 35 heures. Certes on peut suspecter le candidat aux primaires socialistes de jouer un jeu tactique, en s'en prenant à la loi emblématique portée à l'époque par l'actuelle Première secrétaire, Martine Aubry. Reste que contrairement à ce qu'affirme Benoit Hamon, Manuel Valls n'a pas eu par ses propos une "mauvaise intuition politique", mais au contraire posé un vrai problème avant que la campagne présidentielle ne s'en empare nécessairement.

En effet, les 35 heures ne sont pas vécues par tous, loin de là, comme un progrès social. D'abord, cette disposition a grandement contribué à geler l'évolution salariale pour les catégories ouvriers/employés, ce qui devient la principale revendication dans nombre d'entreprises et explique la soif d'heures supplémentaires. Ensuite si toutes les entreprises sont tenues de respecter la durée légale du travail à 35 heures, le personnel travaillant dans celles employant moins de 20 salariés n'a en revanche pas droit aux fameux RTT. Je rappelle que cela concerne 30% des salariés français, souvent dans les secteurs pénibles du transport et du bâtiment, qui subissent ainsi une double peine: les bas salaires et l'absence de repos compensateur. Enfin les 35 heures coûtent chaque année prés de 25 milliards d'euros en allègement de charge, ce qui constitue une part substantielle des 92 milliards de déficits budgétaires courant escomptés en  2011. Le tout pour un résultat mitigé en termes de création ou de maintien d'emplois, selon la dernière enquête de l'Insee.

Dominique Strauss-Kahn, l'inspirateur Il faut en outre avoir la mauvaise foi d'un Benoit Hamon chevillée au corps pour considérer que critiquer les 35 heures reflèterait "une méconnaissance de la réalité de l'organisation du travail aujourd'hui". Le travail est en effet indéniablement désorganisé par les 35 heures, l'exemple récent le plus flagrant étant cette triste épopée vécue le 27 décembre par les 600 passagers du train Strasbourg-Nice, lequel, entre autres avanies, a du subir un changement de conducteur en cours de route, celui ayant embarqué au départ ayant déjà accompli son temps de travail! Alors oui, j'estime avec Manuel Valls qu'il est temps de "déverrouiller" le débat sur les 35 heures. En attendant d'entendre les propositions de Dominique Strauss-Kahn, lui qui en fut le véritable inspirateur auprès de Lionel Jospin, dont la ministre du Travail de l'époque, Martine Aubry, n'était guère enthousiaste au départ.

 
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