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19/07/2011

Splendeur et décadence d'un enfoiré du siècle

Dans "Demain ne meurt jamais", James Bond affronte Elliot Carver, un magnat de la presse internationale qui complote avec des généraux chinois renégats pour renverser la démocratie et l'économie occidentale. Toute ressemblance avec Rupert Murdoch n'est nullement fortuite et à peine exagérée: le Tycoon australien, fort du premier groupe de presse et de télévision au monde, milite en effet depuis 30 ans pour que l'Occident s'ouvre à la Chine et sa croisade personnelle contre l'euro et l'Europe s'apparente à un véritable sabotage. Autant dire que ses déboires à Londres et à New York sont pour moi un soulagement qui augurent, je l'espère, un changement d'époque.

Influence néfaste L'ignominie des méthodes rédactionnelles de Murdoch et son goût pour l'information trash ne trahissent que la mesquinerie intellectuelle du personnage, encore apparue aujourd'hui devant la commission des médias de la Chambre des Communes. Que News Corp, dominant sur le marché mondial, ait imposé le tout gratuit sur Internet au début des années 2000 témoignait en outre d'une grave faiblesse de jugement. D'ailleurs Murdoch dut revenir en 2010 sur cette décision idiote qui portait évidemment préjudice à lui-même et à ses propres journaux. "The Times" et "The Sunday Times", par exemple, sont à nouveau payant en ligne. Les dégâts économiques du tout gratuit ont malheureusement entretemps sinistré nombre de ses concurrents. Rupert Murdoch n'est pas un homme de presse, c'est un homme de pouvoir qui se sert de la presse. Héritier d'un modeste journal régional, ce natif de Melbourne devient américain dès 1985 pour pouvoir se lancer dans les affaires outre-Atlantique. Il n'est pas pour rien dans la création médiatique de cet axe historique entre Margaret Thatcher et Ronald Reagan, le couple vedette des années 80, qui au prétexte d'en finir avec l'URSS ont surtout liquidé l'Etat Providence et le modèle traditionnel du "Welfare State" anglo-saxon, lequel ne s'en remettra jamais. Pire encore, cette offensive dite néo-libérale mais qui était surtout crypto-conservatrice, se posa en alternative au modèle Rhénan, ce qui ne fut pas sans influence néfaste sur la droite française. Mais un homme aux si hautes ambitions que M. Murdoch ne pouvait se contenter de provoquer cette cassure entre le Commonwealth et les Etats-Unis d'un côté et l'Europe continentale de l'autre. Hélas pour le monde, il avait d'autres marottes à nous infliger.

Parmi celles-ci, la Chine. Car Rupert Murdoch aime la Chine. La preuve, il a divorcé en 1999 de la mère de ses enfants pour épouser Wenge Deng, une jeune femme de 38 ans sa cadette, dont le moins surprenant du parcours trouble n'est pas qu'elle ait été autorisée à interrompre ses études en Chine pour les poursuivre aux Etats-Unis, ce qui n'est pas donné à toutes les jeunes filles de bonnes familles communistes venues. Le rôle idéologique joué par News Corp pour que la Chine soit intégrée au commerce mondial n'avait toutefois pas attendu sa lune de miel avec la belle chinoise pour se déployer. Après le massacre de Tien Amen en 1989, Pékin avait bien mauvaise presse mais les journaux et télévisions Murdoch n'ont eu de cesse, tout au long des années 90, de marteler un message alors très à la mode, inspiré de la fumeuse théorie de la fin de l'histoire: le développement des échanges amènerait Pékin à la démocratie. Cette conviction ne souffrait aucune critique et Chris Patten, dernier gouverneur de Hong Kong, en fit les frais en 1997 avec le boycott de ses mémoires, très critiques contre les Satrapes pékinois. Alors qu'un contrat de publication avait pourtant déjà été signé avec Harper Collins, un des plus gros éditeurs de la planète et fleuron de News Corp aux Etats-Unis, Rupert Murdoch, en a finalement interdit la sortie en librairie. La Chine a adhéré à l'OMC en 2001. Avec les progrès que l'on sait depuis en matière de démocratie.

Haine de Bruxelles Pourtant Rupert Murdoch aime bien aussi la démocratie. En 2002 et 2003, il met ainsi toutes ses forces au service de George Bush pour convaincre le monde entier d'entrer en guerre contre l'Irak de Saddam Hussein, présenté comme un allié d'Al Qaïda. En deux coups de cuillère à pot, Bagdad deviendrait la mère de toutes les démocraties, nous promettaient les éditorialistes vedettes de News Corp. Fox News et BSkyB matraquaient alors l'opinion publique américaine et anglaise sur les fameuses armes de destruction massive à coup de reportages bidon et d'informations tronquées tandis que la presse de caniveau outre-Manche et outre-Atlantique se déchainait contre la France, qui osait contrer Washington. Le New York Post popularisait ainsi la campagne visant à rebaptiser les frites de "french fries" en "freedom fries" tandis que le Sun traitait carrément Jacques Chirac de "harlot", faisant figurer en Une la tête de Jacques Chirac au bout d'un long ver de terre surgissant du centre d'une France craquelée. 10 ans plus tard, l'Irak demeure un pays meurtri, dotée d'une gouvernance fragile et dont l'instabilité est une menace pour toute la région. Aux yeux des tabloïds de Murdoch, pourtant, c'est au Royaume-Uni que la démocratie est sur la sellette, News Corp contribuant depuis des décennies à inculquer aux Britanniques l'horreur de l'Europe et la haine de Bruxelles. La presse Murdoch, le Wall Street Journal en tête, est évidemment à la point du combat contre l'euro.

News Corp pèse 41 milliards de dollars de capitalisation. Enfin, pesait, car cette histoire d'écoutes téléphoniques et les ennuis judiciaires qui se profilent devrait faire fondre le pactole. En tout état de cause, M. Murdoch devrait demeurer un des hommes les plus riches de la planète. Et ses enfants après lui. A force de voir ce bon Bill Gates en boy-scout philanthrope, on finirait par oublier qu'il existe des milliardaires qui ont les moyens de mettre en oeuvre leurs idées nauséabondes. Déjà, de simples millionnaires en ont été capables, à l'instar de Ben Laden. D'autres s'emploient à diffuser leur propagande. Il en est ainsi des frères Charles et David Koch, troisième fortune américaine et financiers des Tea Party, ces mouvements délirants qui assurent qu'Obama est un musulman communiste qui veut faire des Etats-Unis un pays socialiste. La constitution exponentielle de fortune privée sur la planète, à un niveau qui proportionnellement n'a jamais été atteint auparavant, commence à mon avis à devenir un vrai problème pour l'avenir. Le cas Murdoch doit faire réfléchir sur le pouvoir d'influence non de la presse mais sur celui des milliardaires car on ne peut pas toujours compter sur James Bond pour lutter contre les Elliot Carver.

06/05/2011

Potus et bouche cousue

Ainsi donc Barak Obama, autrement connu sous son sobriquet de Potus (President Of The United States) que lui donne ses Services Secrets, a participé à une manipulation consistant à faire croire à la mort d'Oussama Ben Laden, lequel, selon les versions, serait soit toujours vivant, soit mort depuis 9 ou 10 ans et ce serait son cadavre congelé qui aurait été jeté en mer d'Oman. Il va sans dire que cette seconde option, bien plus phantasmagorique, domine sur Internet les commentaires des conspirationnistes de tout poil.

Passerelles secrètes Mais pourquoi diable un président démocrate couvrirait-il d'une manière ou d'une autre les agissements de son prédécesseur républicain? Barak Obama n'aurait-il pas eu plus à gagner politiquement en dénonçant la dissimulation du cadavre de l'ennemi public numéro 1 par George Bush? Mais vous n'y êtes pas du tout, bandes d'ignorants! Obama est membre de la même confrérie secrète que Bush, les ténébreux Skull&Bones, qui manipulent toute la vie politique et économique américaine depuis leur création en 1832 à l'Université de Yale (Connecticut)....Bon, Obama a fait ses études à l'Université de Columbia (New York) mais il existerait des passerelles secrètes et mystérieuses entre les Potus se succédant à la Maison Blanche...

Ce délire, qui a commencé dès le 12 septembre 2001, où on a eu les premières rumeurs selon lesquelles un des attentats de la veille (celui contre le Pentagone) n'aurait en fait jamais eu lieu, n'a cessé de croitre et d'embellir depuis 10 ans pour devenir un terrifiant thriller. Ce grand complot est tellement vaste, et comporte tant de ramifications, que je ne pourrais vous le décrire ici, mais en substance l'histoire est simple: les pseudo-attentats du 11 septembre participent en réalité d'une stratégie de la tension visant à justifier l'intervention américaine en Afghanistan puis en Irak en vue d'encercler l'Iran et de sécuriser les approvisionnements pétroliers. Ben Laden, allié de la CIA contre les soviétiques dans l'Afghanistan des années 80, ne serait qu'un pantin manipulé.

Oeuvre noire Bien sûr que j'aurais aimé des explications sur le fait que des membres de la famille Ben Laden aient quitté les Etats-Unis, non seulement librement après le 11 septembre, mais sous protection officielle. Bien sûr que j'aurais aimé comprendre ces mouvements financiers d'ampleurs à Wall Street quelques jours avant les attentats contre les Tours jumelles. Bien sûr que j'aurais aimé avoir autre chose à voir ces 10 dernières années que des photos et vidéos floues et une voix monocorde en arabe repiquées sur Al-Jazeera. Bien sûr que j'aurais préféré qu'on ne jette pas la dépouille en mer. Bien sûr que j'aurais préféré qu'on diffuse des images de l'assaut d'Abbottabad.

Reste qu'imaginer qu'une machination aussi complexe et globale, impliquant que des centaines de personnes soient dans la confidence et maintiennent le secret depuis 10 ans, relève de la paranoïa pure et simple. Barak Obama, haï par la droite républicaine et le Tea Party qui insistent tant sur son second prénom musulman, Hussein, pour contester sa légitimité et rappellent qu'il a été un des rares parlementaires démocrates américains à n'avoir pas voté la guerre en Irak en octobre 2002, n'a aucune raison rationnelle de participer à une telle oeuvre noire, nonobstant l'absurdité même de cette dernière. Mais la raison, c'est moins drôle.

 
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