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05/04/2011

Full metal jacket

Afghanistan, Libye, et depuis hier soir la Côte d'Ivoire, la France multiplie les théâtres d'opérations militaires, nonobstant sa participation à des forces de maintien de la paix au Kosovo, au Liban ou encore au Tchad. J'ignore si nous avons les capacités à tenir autant de front mais je l'espère. Ce retour de notre pays à une politique étrangère active, où le soldat ne peut jamais être loin du diplomate, me semble en effet tout à notre honneur.

D'abord parce que partout et sans exception, nos troupes sont présentes sur mandat international et leurs agissements répondent à une mission définie par l'ONU. Pour prendre le dernier exemple en date, l'intervention hier soir des hélicoptères de combat de la force Licorne a été sollicitée directement par Ban Ki-Noon, inquiet par les attaques subies par les Casques Bleues de la part du dernier carré des fidèles de Laurent Gbagbo mais aussi par la situation humanitaire effroyable vécue par des centaines de milliers de civils, en proie aux exactions de bandes armées et de pillards qui profitent de l'anarchie totale dans laquelle vit la Côte d'Ivoire depuis des mois.

Bal des hypocrites Certes, la mauvaise foi de certains peut conduire à considérer comme coloniale l'intervention des troupes françaises, installées sur le sol ivoirien en vertu d'accords de défense très françafrique datant de 1965. Mais je renvoie ces derniers à leur hypocrisie, à l'instar de François Loncle, le député socialiste nostalgique de l'époque mitterrandienne du "papamadi", lequel jusqu'au bout sera resté aveugle et sourd aux fourvoiements meurtriers et mystiques de Laurent et Simone Gbagbo: à part l'armée française présente sur place avec le matériel nécessaire, qui aurait pu donner le coup de grâce à un pouvoir refusant le verdict des urnes et qui multiplie les exactions? Condamner l'intervention de l'ONU menée par la France revient à condamner à mort des civils. Point final.

Au bal des hypocrites, on pouvait déjà compter sur le désormais fameux ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, partisan déclaré du départ de Mouammar Kadhafi mais adversaire tout aussi déclaré de l'intervention de l'ONU en Libye. Son jusqu'au boutisme a même faillir se traduire par un veto au Conseil de sécurité, où siège l'Allemagne pour 2 ans, et ce n'est que grâce aux pressions américaines qu'il aura épargné cette honte à son pays. Là encore, est-il sérieux et honnête intellectuellement de se contenter d'exhorter un tyran à partir sans se donner les moyens de son départ?

Bien sûr, s'engager militairement en terre étrangère est une aventure dont on ne connait pas la fin d'avance. C'est le cas en Afghanistan, où le moins que l'on puisse dire est que le pouvoir d'Hamid Karzaï est une déception. Quant à Alassane Ouattara, il a encore beaucoup à démontrer pour apparaître comme un parfait démocrate ivoirien respectueux des droits de l'homme, tout comme les membres du gouvernement transitoire libyen. Je n'ai qu'une réponse: et alors? Au prétexte que tout çà est bien compliqué, il faudrait rendre l'Afghanistan aux Talibans, la Côte d'Ivoire à Gbagbo et la Libye à Kadhafi?

Théories isolationnistes Je l'ai maintes fois déjà écrit : je crois aux valeurs universelles que la France a elle même crées en 1789 et exportées dans le reste de l'Europe et du monde. Ce sont ces valeurs qui constituent depuis l'après guerre le préambule de la Charte des Nations-Unies. Je ne suis pas naïf pour ignorer que d'autres motivations guidaient Napoléon, ni que Total est en embuscade pour profiter du pétrole libyen ou sécuriser le pétrole ivoirien. Mais je ne suis pas non plus insensible au fait que les peuples européens se sont réclamé des valeurs françaises pour mener leur révolution nationale (la création de l'Allemagne et de l'Italie au XIXème siècle sont des conséquences directes de cette influence), ni qu'aujourd'hui des femmes afghanes et des jeunes libyens et ivoiriens remercient la communauté internationale pour leur soutien.

L'alternative proclamée par les contempteurs de l'action des Nations-Unies est la non-ingérence et le droit des peuples à disposer d'eux mêmes. Principes justes et louables mais tout à fait dénaturés par leurs promoteurs historiques. Les ex-Démocraties populaires auraient ainsi bien aimé la non-ingérence soviétique et les Tibétains que Pékin leur accorde le droit à disposer d'eux mêmes. Il n'étonnera personne que ces théories isolationnistes, du chacun chez soi et les vaches seront bien gardées, et de l'indifférence à la souffrance des peuples et à leur appel au secours au nom des valeurs universelles, soient celles du Front national et de Marine Le Pen.

 

 

07/01/2011

DSK-Ouattara, même combat!

De multiples réseaux soutiennent Laurent Gbagbo, président auto-proclamé de Côte d'Ivoire. Opaques, comme ceux dont Libération se fait ce matin l'écho, ou publics, à l'instar de l'improbable et sordide duo Roland Dumas et Jacques Vergès. A leurs yeux,  la faute de son rival, Alassane Ouattara, est d'être l'ancien Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny, figure emblématique de l'Afrique occidentale gaulliste, et ancien haut-fonctionnaire du FMI, officine néo-libérale assoiffée du sang du peuple, comme chacun sait. Son ivoirité douteuse - il est né dans l'actuel Burkina Faso, ce qui l'avait privé de candidature en 1995, puis en 2000 - et sa religion musulmane - l'église ivoirienne, très puissante, n'a toujours pas reconnu son élection -, aggravent son cas. La reconnaissance de son succès électoral par l'ONU, l'UE et les Etats-Unis achève de faire de lui un personnage douteux.

Sans tenir ces tares supposées comme nécessairement autant de vertus, je ne considère pas qu'avoir été ancien ministre, membre du FMI, non-chrétien et apprécié des milieux mondialistes puisse semer le doute sur la légitimité d'une élection. Sinon, à ce compte là, il ne manquerait plus que les primaires socialistes soient entachées de fraude, pour que DSK ne puisse prétendre à la compétition en 2012 et même à la victoire finale! Quoiqu'à écouter certains chantres du néo-national-socialisme, style Jean-Luc Mélenchon, Dominique Strauss-Kahn et Alassane Ouattara sont les deux faces d'une même médaille frappée de l'effigie du capitalisme apatride. Il faut dire que DSK donne des verges pour se faire battre: un des principaux soutiens de Gbagbo est ainsi le fils de pub Stéphane Fouks, le patron d'Euro RSCG, qui officie en coulisse à une candidature Strauss-Kahn. Je ne suis qu'un modeste observateur, mais je lui conseillerais de changer d'arguments pour déconsidérer un adversaire. Car ceux déployés par les réseaux pro-Gbagbo sont décidemment nauséabonds et pourraient revenir dans la figure du PS où grenouille l'essentiel des soutiens du Pinochet d'Abidjan!

 
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