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05/11/2011

Europe Ecologie rend verte de rage Catherine Trautmann

La crise de l’euro ferait presque oublier que d’autres drames humains se jouent en Europe. Ainsi en est-il de la succession de Martin Schulz à la présidence du groupe Socialiste&Démocrate (S&D) au Parlement européen. Le Perchoir du Parlement européen est en effet promis à ce dernier en janvier prochain, en remplacement du conservateur polonais Jerzy Buzek, au terme d’un accord conclu dès 2009 en début de législature entre S&D et Parti populaire européen (PPE), et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’eurodéputé allemand SPD, qui a assis sa réputation sur une mémorable passe d’armes avec Silvio Berlusconi en juillet 2003, laisse un groupe socialiste en perdition idéologique : 3 des 5 pays touchés de plein fouet par la crise ont ou avaient des gouvernements socialistes (Grèce, Espagne, Portugal), contraignant le Pasok et le PSOE à mettre en œuvre des politiques d’austérité qui décontenance l’électorat traditionnel de gauche alors que les sociaux-démocrates ne sont déjà au pouvoir que dans 3 autres des Dix Sept Etats de l’Eurozone, et encore en coalition avec des libéraux ou/et conservateurs (Belgique, Finlande, Autriche). Mais les perspectives de victoire électorale prochaine en France puis en Allemagne, et peut être en Italie, les poids lourds de l’Eurozone, aiguise les appétits.

Coup de poignard Candidate depuis quasiment sa réélection en juin 2009 et sa désignation comme chef de la délégation socialiste française (DSF) au sein S&D, Catherine Trautmann mène une campagne active pour arracher la présidence du groupe. Tâche ardue car les socialistes français n’ont pas la fibre social-démocrate dominante de leurs homologues allemands ou scandinaves et se distinguent souvent dans les votes par une ligne plus à gauche, refusant le compromis politique S&D/PPE d’usage dans la maison. Ils ont longtemps pu entrainer dans leur indiscipline leurs camarades plus socialo-compatibles, grecs, espagnols ou portugais, mais ces derniers, échaudés par leur actualité domestique, hésitent de plus en plus à se distendre du SPD et de l’Allemagne en général. Autre handicap : sa nationalité. Joseph Daul préside déjà le PPE, Daniel Cohn-Bendit, les Verts ; une troisième française à la tête d’un groupe serait une entorse à la règle non écrite sur la diversité et les équilibres nationaux dans les Institutions de l’UE. Malgré ce terrain mouvant, l’ex-maire de Strasbourg pensait avoir marqué des points ces derniers mois à force de négociations plus ou moins discrètes sur les futures répartitions de postes par délégation nationale au sein du groupe et des commissions parlementaires ainsi que par des rencontres au plus haut niveau entre PS et SPD. Selon son entourage, ses chances étaient amplifiées par la faiblesse politique de ses concurrents. Faiblesse réelle pour le terne Stephen Hughes, un old-New Labour qui ne s’est guère fait remarquer dans l’hémicycle malgré 27 ans de mandat assidu à Strasbourg ! Faiblesse apparente pour l’Autrichien Hannes Swoboda, certes à la tête d’une minuscule délégation de seulement 4 députés, mais qui s’est forgé le rôle à la fois de sherpa et de sicaire de Martin Schulz, lequel l’a d’ailleurs désigné comme dauphin et qui fait figure aujourd’hui de favori.

Mais le coup de poignard probablement fatal aux ambitions de Catherine Trautmann va sans doute venir de son propre camp. Ex-rocardienne bon teint, l’Alsacienne n’en a pas moins choisi Martine Aubry pour la primaire socialiste, en souvenir du bon temps du gouvernement Jospin où elle siégeait prés de l’actuelle Premier secrétaire comme ministre de la Culture. Un engagement qui s’est traduit par un suivisme frisant parfois le ridicule avec le groupe d’Europe Ecologie - les Verts. Les deux délégations, pesant chacune 14 députés, s’entendent d’ailleurs si bien qu’elles ont persuadé leurs Etats-Majors parisiens de refuser l’arrangement concocté en novembre 2010 par l’Elysée pour transformer deux députés nationaux en députés européens en vertu des nouvelles dispositions du Traité de Lisbonne qui confèrent deux sièges supplémentaires à la France. Plutôt que ce transfert de Paris à Strasbourg, Socialistes et Ecologistes – et MoDem - exigeaient des élections partielles, comme cela a été le cas dans les autres pays bénéficiant aussi d’un accroissement de leur nombre d’eurodéputés. Ces derniers attendent d’ailleurs depuis un an l’issue de ce psychodrame franco-français méconnu pour enfin siéger au Parlement européen. « Avec ce mode délection, ces deux nouveaux eurodéputés nauraient pas la même légitimité démocratique», soulignait à l’époque Sandrine Bélier, une eurodéputée proche d’Eva Joly. Une remarque qui fera plaisir à son collègue Yves Cochet, élu de Paris, et qui devrait bientôt venir la rejoindre sur les bancs du groupe des Verts européens grâce à un arrangement en phase finale de négociation à l’Assemblée nationale entre le PS, EELV et l’UMP.

Rabattre son caquet Le revirement de son parti rend Catherine Trautmann verte de rage, et pas seulement parce que les Verts français au Parlement européen vont, grâce à cette manœuvre, compter un élu de plus que la DSF. Elle a en effet été mise devant le fait accompli, considérée comme quantité négligeable par son propre parti au moment ultime de la conquête de la présidence du groupe S&D. Le pire pour elle et de sa stratégie du pot de colle avec les Verts à Strasbourg, c’est que ce député supplémentaire n’est pas même un cadeau que ferait le PS à EELV mais traduit au contraire une tension dans les rapports à Paris entre les deux alliés depuis la victoire de François Hollande aux primaires. Fini les mimines et les promesses de circonscriptions éligibles  à tire larigot en vigueur sous Aubry : le favori de la présidentielle entend ramener ses encombrants partenaires à ce qu’ils pèsent électoralement, c’est à dire pas grand chose au vu des sondages pour Mme Joly. Cécile Duflot, qui veut la certitude d’être élue brigue la XIème circonscription de Paris, celle d’Yves Cochet, ce qui ne ravit pas le PS parisien, sinon la rue de Solférino… La secrétaire générale d’ELVV a du rabattre son caquet pour opérer ce parachutage en zone déjà conquise. L’affaire devrait être conclue d'ici le 19 novembre. C’est comme çà que Mme Trautmann pourrait retrouver son ex-collègue ministérielle de la gauche plurielle et que lui même aura l’immense joie de côtoyer à Strasbourg jusqu’en 2014 sa copine Eva Joly - sauf si elle emporte la présidentielle bien sûr -, dont il disait pis que pendre lors de la primaire d’ELVV et contre laquelle il s’est d’abord opposé avant de lui propulser vainement Nicolas Hulot dans les pattes.

16/09/2010

De l'influence des grèves sur le calendrier parlementaire européen

 

La grève du 23 septembre a ressuscité la traditionnelle querelle du siège au Parlement européen où partisans de Strasbourg et Bruxelles se sont écharpés sur l'opportunité de savoir s'il fallait siéger ce jour en session plénière, quitte à prendre le risque que les 754 eurodéputés et les 2000 assistants parlementaires et fonctionnaires qui les accompagnent dans leur travail demeurent en rade, faute de transport. Il faut savoir en effet que la semaine prochaine est la semaine de transhumance de Bruxelles à Strasbourg, du lundi au jeudi, pour les sessions plénières au cours desquelles les députés débattent et votent les textes examinés préalablement en commissions parlementaires à Bruxelles le reste du mois.

Les anti-Strasbourg, à l'instar de Daniel Cohn-Bendit, qui ne manquent pas d'arguments pratiques, plaidaient pour que la session s'interrompe le mercredi en fin d'après midi afin que chacun puisse regagner ses pénates bruxelloises. Les pro-Strasbourg, dont le président du PPE, l'Alsacien Joseph Daul, qui ne manquent pas d'arguments symboliques, défendaient mordicus que la session devrait durer le temps prévu par le règlement. Son homologue du groupe S &D, l'Allemand Martin Schulz, a même poussé l'idée plus loin en évoquant que la session se prolonge jusqu'au vendredi. Mais dans ce jeu de rôle, les Présidents de groupe gardaient aussi en tête que leur troupe, les eurodéputés, du moins certains d'entre eux, n'étaient pas très chaud à la perspective de perdre leur per diem du jeudi, soit 298 euros.

Du coup, aidée en cela par la maigreur de l'ordre du jour prévisionnel, la Conférence des Présidents des groupes parlementaires a trouvé hier une solution de compromis qui satisfera tout le monde. La session de nuit de mercredi a été supprimée et le débat du jeudi se résumera à la question capitale de la "future allocation budgétaire au profit de l'Instrument de voisinage et de partenariat", suivi de votes sans appel nominal, ce qui signifie que ceux qui ont signé le matin à 9h à l'ouverture de la séance ne seront pas contraints d'attendre midi et l'heure des votes où leur absence ne sera donc pas remarquée. Les autres pourront partir la veille l'esprit tranquille, mais sans per diem. Quant à la piétaille, assistants, personnels de séances et de groupes, ils se débrouilleront....mais ne vous inquiétez pas pour eux, tous leurs frais (dont les miens) seront pris en charge!

 

07/09/2010

Etat de l'Union: les eurodéputés n'ont pas été récompensés de leur assiduité

Est-ce la menace (comme le préconisait le Président du Parlement) de perdre 70 euros sur leur 298 euros d'indemnités journalières ?  Est-ce au contraire un sursaut de dignité de la part d'élus humiliés par la perspective d'être morigénés comme des enfants faisant l'école buissonnière? Est-ce tout simplement la manifestation de leur conscience politique et professionnelle? Toujours est-il que l'hémicycle strasbourgeois était comble ce matin pour écouter le discours sur l'état de l'Union du Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Comble signifiant qu'environ 500 eurodéputés (sur 754) assistaient au débat, l'affluence record étant habituellement réservée aux seules périodes de vote (chaque jour pendant les sessions plénières mensuelles à Strasbourg entre 12 et 13h) puisque toute absence est pour le coup sanctionnée financièrement. Quoiqu'il en soit la molle prestation de M. Barroso n'a guère récompensé les efforts des élus venus écouter son pensum: pas une idée nouvelle, pas l'ombre d'une autocritique. J'étais favorable à ce que les absents soient punis et stigmatisés. Ce à quoi ont en définitive renoncé les instances dirigeantes du Parlement européen. J'ai changé d'avis et me range désormais à l'argument de ceux qui prétendaient qu'il y aura davantage de participation à cette séance solennelle, désormais annuelle en vertu du Traité de Lisbone, lorsque le Président de la Commission aura autant à dire que le Président des Etats Unis d'Amérique devant le Congrès...Il faudra malheureusement sans doute attendre le successeur de M. Barroso.

 
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