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20/09/2011

En matière de moeurs, DSK ne sera jamais qu'un Berlusconi au petit pied

Dans la conclusion d'un billet de juillet dernier (ici), je me demandais si la libération alors probable de DSK était de nature à le remettre en selle comme candidat aux primaires socialistes et s'il en avait toujours envie. En fait, avant même sa prestation télévisée de dimanche soir sur TF1, la réponse était déjà non. Sans surprise de la part d'une bonne amie d'Anne Sinclair, Claire Chazal n'a guère cherché à connaître les circonstances exactes de la relation sexuelle expresse le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan entre le directeur général du FMI et une femme de chambre. L'ultime carré des fidèles s'accrochera à sa version tortueuse d'un piège, voire d'un complot. Mais pour la masse des Français, l'affaire était de toute façon entendue: qu'il s'agisse d'un viol, d'une passe ou d'un miracle de séduction, cet homme s'est de fait disqualifié pour l'Elysée. D'ailleurs, selon le JDD, 65% des téléspectateurs ne voulaient pas connaître de détails croustillants.

Au moment où les Français préfèrent ne pas savoir comment DSK a pu se faire tailler une pipe par une inconnue sans violence, ni argent, les Italiens disposaient pour leur part enfin des preuves vocales des turpitudes hallucinantes de leur Premier ministre. Des écoutes téléphoniques sont ainsi venues confirmer le caractère orgiaque de ses désormais célèbres soirées Bunga-Bunga. Sur une bande, si j'ose dire, il avoue par exemple n'avoir pu honorer que 8 des 11 jeunes femmes commandées ce soir là par un ami. Quel vantard! Ou quelle santé, se disent les 20% d'Italiens qui lui font toujours confiance. Ils étaient 22% de Français à encore attendre que DSK annonce sa candidature l'autre soir à la télé. Il n'a pas cherché à doucher leurs espoirs. Son intervention très remarquée sur la crise grecque, et le flou dont il a entouré son avenir politique au delà de 2012, pourrait en effet laisser supposer qu'il n'a pas renoncé à une éventuelle carrière bruxelloise. Quelque soit sa "faute morale" du moins n'est-il pas apparu susceptible de traiter Angela Merkel de "gros cul imbaisable", comme le dit en privé Silvio Berlusconi au téléphone.

25/08/2011

Trois en un, sinon rien

Quand on a la chance comme moi d'envisager la Rentrée sans danger personnel (maladie, chômage, difficultés financières), on ne peut que se réjouir du cocktail d'informations que l'actualité a pu combiner ces derniers jours.

Tradition militaire La chute du régime Kadhafi et le formidable défi géo-politique que représente sa succession, surtout à la lumière de la situation syrienne, est à l'évidence la meilleure nouvelle de cette fin d'été, ne serait-ce qu'en raison de la promesse démocratique qu'elle incarne et dont l'UE doit maintenant veiller à ce qu'elle se concrétise. Force est néanmoins de reconnaître qu'à ce stade c'est davantage Nicolas Sarkozy et David Cameron qui ont pris la main plutôt que Lady Ashton, la Haute représentante européenne, pitoyable depuis le début sur le dossier libyen. Il est vrai que sans la contribution diplomatique et militaire décisive de la France et du Royaume-Uni, Tripoli n'aurait sans doute jamais été libéré, ni le Guide suprême renversé. Cet axe Paris-Londres, rendu possible par la pusillanimité de l'Allemagne, augure mal des suites d'une défense européenne intégrée. Heureusement, en l'occurrence, la méthode intergouvernementale, c'est à dire un accord ad hoc entre les deux capitales, a démontré son efficacité. C'est cependant le moins que l'on pouvait attendre de deux Etats à forte tradition militaire et alliés depuis 1904. Reste que sans les moyens aéroportés américains, cette Entente Cordiale n'aurait pas suffi. Si les Européens veulent à l'avenir être à la hauteur de leurs ambitions, je vois mal comment on échappera à un débat sur la création d'une armée européenne, seule à même, grâce aux économies d'échelle permises par la mutualisation des moyens nationaux, de doter nos forces du matériel nécessaire à l'autonomie des interventions de l'UE .

Idole désormais sulfureuse Autre bonne nouvelle: la libération de DSK, ou plutôt la formidable perspective de polémiques politico-médiatiques, peut être même philosophiques, que son retour va immanquablement déclencher. Le procureur Cyrus Vance junior n'ayant finalement pas su, ni pu, explicité les circonstances de "l'acte sexuel précipité" qui a eu lieu le 14 mai dernier dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan, chacun devrait logiquement rester sur ses positions, aiguillonnés par les suites probables de l'affaire Banon, le tout sur fond de primaires socialistes où l'on voit bien que les prétendants voudraient capter l'héritage de l'ex-futur Président de la République sans avoir trop à se montrer avec l'idole désormais sulfureuse de la social-démocratie. Tout ce que j'espère pour ma part de cet épisode surprenant de l'histoire politique française, c'est qu'elle ne bouleversera pas plus que nécessaire le respect de la vie privée des hommes et femmes politiques. DSK a été pris aux turpitudes d'un "comportement inapproprié", selon la litote de son propre avocat Benjamin Brafman. D'autres le seront peut être bientôt pour leurs aventures pédophiles à Marrakech. Ce qui se déroule en revanche entre adultes consentant devrait pouvoir demeurer hors champ médiatique. Les méthodes d'investigation dont a usé la presse anglo-saxonne pour découvrir une maîtresse à tel ministre ou révéler l'homosexualité de tel parlementaire m'apparaissent en effet aussi pour le moins des "comportements inappropriés" que les journaux français seraient bien inspirés de ne pas imiter. 

Clause sibylline Les nouvelles sont moins bonnes sur le front de l'euro mais n'en demeurent pas moins passionnantes car décisives. Réunis le 16 août, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n'ont annoncé aucune des mesures attendues pour la mise en oeuvre des décisions du Sommet extraordinaire de l'Eurozone le 21 juillet dernier (ici). Pire, le même jour, usant d'une clause sibylline qu'elle avait elle même introduite dans les conclusions de ce Sommet, la Finlande a obtenu que la Grèce nantisse le capital qu'Helsinki apportera au second plan de sauvetage. Une funeste requête reprise depuis par d'autres petits contributeurs (Pays-Bas, Autriche, Slovaquie, Slovénie) et dont le principe même sape la raison d'être du plan: de fait, si Athènes devait gager chaque tranche de l'aide que les pays de l'Eurozone est censé lui apporter, ce soutien financier se révèlerait vide de sens...Ce rebondissement démontre une fois encore l'urgente nécessité d'un saut fédéral et je ne peux que déplorer l'obstination commune de Merkel et Sarkozy à refuser les euro-obligations. A l'instar de François Bayrou, les rangs de ses partisans n'en cessent pas moins de s'étoffer tant l'alternative intergouvernementale franco-allemande actuelle ne parvient pas à convaincre. Aurons-nous enfin un vrai débat européen lors de la campagne présidentielle?

27/07/2011

Le soleil de Carthage

Je pars demain pour la Tunisie, puis quelques semaines de vacances supplémentaires à Las. Le blog va donc être en congé jusqu'à la fin août. La Rentrée est à bien des égards prévisibles. Je m'amuse d'avance (méchamment, j'en conviens) de la concomitance entre la date de la prochaine comparution de DSK à New York, le 23 août, et celle des Universités d'été du PS, les 26-28 août. Quoique que dise la justice américaine, il va continuer à polluer le paysage socialiste et l'atmosphère politique. Je suis plus inquiet pour l'état de l'Eurozone, laissé en plan par Sarkozy et Merkel après leurs décisions prometteuses du 21 juillet, alors que les marchés attendent une mise en oeuvre rapide. Espérons, qu'aiguillonnés par les agences de notation, les traders n'exagèrent pas les conséquences financières des bénéfices bancaires en recul, pour cause de décote des créances grecques. En tout état de cause, le combat fédéral n'en est qu'à ses débuts. Et je vous invite à ce propos, si vous ne l'avez déjà fait, à lire l'excellent papier de Jean Quatremer "petite leçon de fédéralisme à l'usage de Nicolas Sarkozy" (ici) Bonnes vacances.

 
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