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19/03/2012

C'est celui qui le dit, qui l'est

Comme chacun s'en souvient, si le 18 avril 2002, Paul Voise, modeste retraité résidant dans les environs d'Orléans, a été agressé par deux crétins qui incendirent son pavillon, c'était de la faute à Lionel Jospin et aux socialistes qui encourageaient les voyous et autres délinquants par leur politique laxiste. Ce fut en tout cas le refrain entonné aussitôt par TF1, et ressassé pendant 72 heures par LCI, pour animer une campagne présidentielle réputée morne et perdue pour Jacques Chirac. 3 jours plus tard, la France apeurée par cette propagande imbécile, plaçait Le Pen au second tour. Et si aujourd'hui, à un mois du premier tour de l'élection présidentielle 2012, un tueur en série de militaires arabes, noirs et d'enfants juifs sévit dans le sud de la France, n'est-ce pas de la faute de Sarkozy, Guéant et consort dont les propos nauséabonds depuis des mois ont armé la main du tireur raciste? Alors, ça fait quoi, le petit Nicolas, d'être la cible d'un amalgame abject?

15/12/2011

Putain, 2 ans!

Un ancien chef d'Etat condamné à la prison pour abus de confiance, détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêt, cela n'est pas courant et Jacques Chirac fait ainsi une entrée remarquée dans le cercle restreint des dirigeants d'un pays démocratique condamné pour des actes délictueux commis sous couvert de leur fonction politique, en l'occurrence le concernant comme maire de Paris. En Europe, il faut remonter jusqu'au Premier ministre italien Bettino Craxi, condamné en 1992 à 27 ans de prison, dont 10 fermes, pour des faits autrement plus graves qu'une quinzaine d'emplois fictifs qui valent 2 ans avec sursis à notre Chichi national.

L'agnosie de l'ex Président de la République, qui lui permit de se faire porter pâle au procès, n'aura pas convaincu le Président du Tribunal, selon qui Jacques Chirac, à la mémoire aujourd'hui défaillante, à l'époque "connaissait tous les rouages" qui l'ont amené à faire salarier par le contribuable parisien des employés du RPR, et même à payer le chauffeur de Marc Blondel, alors grand manitou social de FO, lequel est reconnu coupable mais dispensé de peine par une justice dont on peut louer les efforts pour châtier raisonnablement et proportionnellement les inculpés de cette arnaque, grand classique du financement occulte

Statut pénal d'exception Il est bien triste de voir condamné ce vieux monsieur, que je trouve personnellement sympathique pour l'avoir plusieurs fois rencontré dans mon ancienne vie professionnelle, que ce soit comme Premier ministre, maire de Paris ou Président de la République, mais il est seul responsable de ses déboires. D'abord en se rendant pénalement coupable des faits - et moralement en tentant de faire porter le chapeau à d'autres -, et ensuite en échappant avec succès à toute enquête lorsqu'il était à l'Elysée grâce au renforcement du statut pénal d'exception du chef de l'Etat qui l'a immunisé tout au long de ses mandats, mais qui n'a fait que retarder la procédure dont il peut difficilement se plaindre du coup de la longueur.

Le verdict du dossier des emplois fictifs de la Ville de Paris devrait ainsi faire réfléchir l'actuel locataire du Palais présidentiel. De plus en plus cerné par l'affaire des rétro-commissions dans la vente de sous-marins au Pakistan qui auraient servi au financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 et dont l'interruption dans des conditions obscures serait à l'origine des attentats de Karachi, Nicolas Sarkozy, porte-parole de Balladur à l'époque, a déjà vu plusieurs de ses proches inquiétés. Mais il échappe jusqu'à présent à toute inquisition judiciaire grâce à ses fonctions, y compris celles de chef des armées qui lui permet de maintenir le secret-défense sur de nombreuses pièces. Après la condamnation de son grand ainé et prédécesseur, Nicolas Sarkozy sait cependant que désormais la justice française n'hésitera pas à lui demander des comptes s'il devait perdre l'élection en mai prochain.

13/09/2011

Bourgi m'a dit

Mais quelle mouche a piqué ce Foccart au petit pied pour dégoiser tous les secrets de polichinelle de la Françafrique? Le dernier acte de bravoure de Robert Bourgi, comme "Monsieur Afrique" de l'Elysée, aura été d'obtenir en 2008 la tête, sur injonction d'Omar Bongo, de Jean-Marie Bockel, éphémère et bien naïf secrétaire d'Etat à la Coopération qui croyait possible d'en finir avec les réseaux quasi-mafieux qui court-circuitent la diplomatie officielle française sur le continent noir depuis 50 ans. Depuis la Sarkozye l'avait mis au rencart, et Alain Juppé, de retour au Quai d'Orsay, l'a définitivement placardisé. Tout indique donc qu'il ne s'agit que d'une banale vengeance.

Cet avocat franco-libanais, né au Sénégal, n'a en effet rien à gagner dans ces révélations. Sûrement pas la reconnaissance de ceux qui dénoncent cette collusion financière bien connu entre les potentats africains et les locataires successifs de l'Elysée. Entre autres récipiendaires de ces largesses. Ces mauvaises manières ne sont rendues possibles que grâce à des intermédiaires de son acabit et ses états d'âme d'aujourd'hui n'ôtent rien à ses fautes d'hier. Il ne s'attirera sûrement pas non plus le soutien de ses pairs et l'Ordre des Avocats a déjà annoncé son intention de s'intéresser de près à ce personnage louche dont on imagine mal qu'il se contentait de passer des valises sans les ouvrir et se servir. Il ne complaira pas plus à l'Elysée, soupçonné de l'avoir téléguidé dans ses révélations contre Dominique de Villepin, alors que Nicolas Sarkozy essaye au contraire d'amadouer son meilleur ennemi depuis des mois. Sans compter que les affirmations de Bourgi selon lesquelles ces pratiques se sont arrêtées net depuis 2007 ne sont crues par personne.

Anguille sous roche L'étonnante réactivité de Jacques Chirac, incapable d'assister à son procès pour cause d'anosognosie mais capable d'en intenter un autre contre ce délateur plein de mauvais souvenirs, montre clairement qu'il y a anguille sous roche. Cela annonce-t-il un grand déballage qui serait tout à l'honneur de notre pays? Rien n'est moins sûr tant tous les protagonistes de cette sombre affaire ont plus à perdre qu'à gagner. Du moins peut on espérer que ce coup de projecteur sur la Françafrique compliquera terriblement à l'avenir la tâche à ces hommes de l'ombre qui participent sans vergogne au pillage des ressources africaines pour remplir les caisses de l'UMP du PS, voire du Front national si on en croit M. Bourgi.

 
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