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01/06/2011

La vengeance du concombre masqué

Ces derniers mois, l'Allemagne est venue régulièrement rappeler à ses voisins et néanmoins partenaires au sein de l'UE à quel point ils étaient nuls. Les Grecs ont ouvert le bal des grosses feignasses, mais ce sont tous les pays "du Sud" (France comprise) que la Chancelière Merkel a récemment mis dans le même sac, leur reprochant tant la faiblesse de leur temps de travail que la durée de leur pension. L'occasion était donc trop belle de parachever ce sombre tableau en accablant ces métèques andalous, coupables d'empoisonner la ménagère hambourgeoise à coup de légumes malpropres. Accusation sans preuve et d'ailleurs démentie par les services sanitaires allemands eux mêmes alors qu'il apparait que les 15 morts victimes de l'e-coli et que les 1200 malades à travers le monde ont tous transité par l'Allemagne et qu'aucun ne réside en Espagne...Le concombre agit masqué, c'est bien connu! Conséquence de ce nouvel accès d'égo national: un bordel sans nom dans la filière européenne des fruits et légumes, en pleine saison, et alors que la sécheresse menace déjà la profession. Ca tombe bien: l'agriculture étant une vraie politique commune, la connerie allemande sera payée par tous à travers le budget de l'UE.

 

 

20/05/2011

Atomkraft, nein danke. Die Rückkehr!

Le 15 mars dernier, sur ce blog, j'écrivais: "Sur le plan technique, et sous réserve des tests de résistance décidés aujourd'hui par l'UE, il est absurde de comparer le risque sismique au Japon et en Europe, à l'exception notable de la Grèce, de la Bulgarie et de l'Italie, et, au vu de ce qu'ont subi les enceintes de confinement de Fukushima avant de se fissurer j'ai même de grands doutes sur le danger que représenterait le lâcher terroriste d'un avion sur une centrale nucléaire et ses emballages successifs de bétons et d'acier, et a fortiori un simple attentat kamikaze, menaces souvent évoqués par les Grands Inquisiteurs de l'atome". Autant dire que le ton du post en démentait ironiquement l'intitulé, "Atomkraft, nein danke", en référence au célèbre slogan des Grünen. En clair, je suis un partisan de l'atome.

Les tests de résistance décidés par l'ensemble des Etats membres de l'UE devaient effectivement vérifier si les centrales nucléaires pouvaient résister à des actes terroristes, des crashs d'avion, et même à  des cyber-attaques. Rien que de logique au regard de l'émotion suscitée par la catastrophe de Fukushima. C'était une chance unique de démontrer la sûreté de ce type d'installation sur le sol européen. Mais c'était sans compter sur l'influence du lobby nucléaire et policier qui a convaincu Eric Besson de refuser, non pas ce type de tests a priori, mais la divulgation de leurs résultats au public. Une position vigoureusement combattue par le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, que Paris accuse bien sûr "d'instrumentalisation politique". Il est vrai que son pays d'origine, l'Allemagne, ainsi que la Belgique, ont pour leur part choisi d'inclure ces critères de risque dans les tests de résistance et pressent Bruxelles de faire pression. La Commission n'a toutefois qu'un pouvoir limité dans ce domaine car les Vingt Sept ont pris soin de confier à leur propre autorité de sûreté nucléaire le soin de mener à bien les tests.

Risque terroriste La position française est contre-productive et pour tout dire stupide. Elle est contre-productive car elle sème le trouble. Je considère que les écologistes manquent de jugeote ou font preuve de mauvaise foi dans leur croisade anti-nucléaire, en oubliant ou en masquant les conséquences socio-économiques d'une sortie accélérée du nucléaire. Inversement je manquerais moi-même d'intelligence et de bonne foi, comme tous les partisans du nucléaire, si je ne pouvais affirmer avec autant de certitude que possible qu'il s'agit d'une énergie sûre. En cachant à l'opinion le risque terroriste, le gouvernement français fait ainsi douter jusqu'aux pro-nucléaires. Eric Besson, qui est malin, sait d'ailleurs lui-même qu'il défend une position stupide: les centrales allemandes et belges, qui vont donc se plier à l'exercice, sont bâties sur des modèles similaires aux nôtres et fonctionnement pareillement. Autant dire que si le test est positif et que le risque terroriste s'avère une menace réelle pour la sûreté nucléaire outre Rhin ou outre-Quièvrain, Paris aura bien du mal à nier l'exposition au danger de nos propres centrales. A moins que ce soit comme pour le nuage de Tchernobyl, le risque terroriste s'arrêtera aux frontières...

15/03/2011

Atomkraft, nein Danke

Ainsi donc la catastrophe nucléaire japonaise condamnerait l'énergie atomique partout sur la planète, en tout cas en Europe. C'est en tout cas ce que réclament les Verts, lesquels, sous leur version Grünen, sont parvenus à mobiliser hier plus de 100 000 personnes pour manifester en faveur de l'abandon de cette filière outre-Rhin. Un moratoire a d'ores et déjà été décrété par Angela Merkel et nul doute que Berlin portera ce débat au niveau européen. L'émotion irrationnelle qui tétanise l'opinion allemande depuis 48h, et qui ne va aller qu'en s'emballant au fur et à mesure que l'ampleur de l'irradiation se fera connaître au Japon, ne m'empêcheront pas de rappeler deux faits simples.

Sur le plan technique, et sous réserve des tests de résistance décidés aujourd'hui par l'UE, il est absurde de comparer le risque sismique au Japon et en Europe, à l'exception notable de la Grèce, de la Bulgarie et de l'Italie, et, au vu de ce qu'ont subi les enceintes de confinement de Fukushima avant de se fissurer j'ai même de grands doutes sur le danger que représenterait le lâcher terroriste d'un avion sur une centrale nucléaire et ses emballages successifs de bétons et d'acier, et a fortiori un simple attentat kamikaze, menaces souvent évoqués par les Grands Inquisiteurs de l'atome. Sur le plan économique, et c'est la grande question qui dominera sans doute le débat public qui va maintenant s'ouvrir, l'énergie nucléaire représente 30% en moyenne de la consommation d'électricité en Europe (et 80% en France qui exporte vers la si vertueuse Allemagne...) et le démantèlement de la filière, obligerait, soit à accroître  notre dépendance en énergies fossiles rares et chères, soit à miser sur 50% de renouvelables dans les 15 ans alors que nous sommes déjà à la peine pour remplir notre objectif de 20% en 2020, y compris outre-Rhin.

Grand corps malade Avec cette nouvelle croisade en faveur d'un monde meilleur et plus pépère, l'Allemagne confirme son inexorable désir de devenir une sorte de grande Suisse, un pays replié sur ses petites affaires de petits bourgeois enrichis, à l'abri de la rigueur des temps et des rumeurs du monde. C'est déjà sa tentation avec l'euro et sa formidable inertie à consentir un mécanisme de solidarité avec ses partenaires surendettés. C'est une triste évidence avec sa diplomatie hypocrite consistant à condamner Kadhafi tout en empêchant la France et le Royaume-Uni d'agir, comme aujourd'hui encore au G8. C'est une caricature d'helvète quand elle refuse d'aborder la question d'un éventuel flux migratoire depuis l'Afrique du Nord en ébullition alors que ce pays vieillissant est le plus concerné d'Europe par le tarissement de la main d'oeuvre. En passant, refusera-t-elle aussi l'asile aux éventuels réfugiés environnementaux japonais? Ou peut être seulement à ceux qui auront un certificat de non-irradiés....Décidemment, l'Allemagne, qui a tant fait pendant tant d'années pour apparaître comme le partenaire le plus responsable politiquement et financièrement  au sein de l'UE, est devenue un grand corps malade de sa réussite.

 
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