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17/01/2012

Rendez nous la cagnotte!

Il est de bon ton, côté socialiste, de charger la barque sarkozyste pour expliquer la dégradation de la note française. De fait, les erreurs de politique économique et budgétaire ne manquent pas depuis le début du quinquennat, à commencer par l'entêtement du chef de l'Etat à récompenser les rentiers et à protéger les grosses fortunes. La tare originelle demeure l'inspiration même du Sarkozysme, qui ne jurait que par le modèle économique anglo-saxon, privilégiant la finance sur la production, et raillait nos besogneux de voisins allemands qui préféraient investir dans l'industrie. C'était l'époque où les visionnaires véreux de la fin du XXème siècle, tel l'ineffable Alain Minc, le grand pote de notre président, nous promettaient un avenir radieux sans usines.

Reste que l'endettement français ne date pas de 2007: plus aucun budget français n'est à équilibre depuis 1976. Dans la mesure où François Mitterrand a été président de 1981 à 1994 et Lionel Jospin Premier ministre de 1997 à 2002, il est assez difficile de nier la responsabilité socialiste. D'autant moins que le PS a laissé des traces écrites de sa gabegie. Portée par une activité mondiale soutenue, la France a connu au tournant du siècle une croissance forte, de l'ordre de 3,20% annuel pendant 5 ans de gouvernement "gauche plurielle". Tellement forte d'ailleurs que les rentrées fiscales avaient permis en 2000 d'accumuler des surplus budgétaires considérables, prés de 80 milliards de francs (plus de 11 milliards d'euros).

Elément tangible Laurent Fabius, qui était alors un homme respectable et d'ailleurs respecté comme ministre des Finances, avait un plan clair pour la préparation du budget 2001: consacrer l'essentiel de cette "cagnotte" inespérée au désendettement de la France. Sous la pression de Michel Sapin, un grand donneur de leçons hollandiste - et qui à l'époque était ministre de la Fonction publique - c'est exactement l'inverse qui a été tranché par Lionel Jospin: moins d'un milliard d'euros pour réduire les déficits et les 10 autres milliards pour augmenter le salaire des fonctionnaires. Je n'ai hélas aujourd'hui aucun élément tangible qui m'amène à penser que le PS agira différemment s'il revient au pouvoir. 

13/01/2012

Antisociale, la gauche perd son sang froid

La colère socialiste et syndicale à la lecture de l'étude de l'institut Rexecode démontre hélas que la gauche n'a toujours pas compris la nature de la fracture sociale qui divise de plus en plus profondément notre pays. Que dit cette étude, basée sur les chiffres irréfutables car harmonisées d'Eurostat? Que les salariés à temps plein en France travaillent 225 heures de moins que les salariés à temps plein en Allemagne, soit environ 6 semaines sur base de 35 heures hebdomadaire.

On comprend que cette donnée gêne PS, CGT, FO et même la CFDT car cet écart de compétitivité de part et d'autre du Rhin découle précisément de la loi Aubry sur les 35 heures, laquelle apparait dans toute son injustice avec les autres chiffres présentées dans cette étude, à savoir que les non salariés (auto-entrepreneurs dont beaucoup ne sont en fait que des "faux" indépendants, liés à un client unique qui se trouve de fait leur employeur, artisans, commerçants) travaillent en revanche 2450 heures en moyenne par an, c'est à dire 800 heures de plus que les salariés à plein temps...

Travail précaire L'étude ne précise pas combien travaille effectivement les salariés à mi-temps ou quart-temps, et c'est bien dommage car ces laissés pour compte du CDI complet, et en fait souvent en CDD, sont de plus en plus nombreux à cumuler plusieurs travail, pour un gain mensuel au final souvent inférieur à ceux d'un salarié à temps plein à compétences égales. Pour illustrer mon propos, je prendrai l'exemple d'une employée de mairie qui vous fermera le guichet au nez le vendredi à 12h précise grâce aux RTT mais qui n'aura aucun scrupule à être la dernière à faire enregistrer ses achats par une caissière à mi-temps à 20h au super-marché du coin.

On peut certes déplorer l'accroissement du travail précaire, sous toutes ses formes, mais, nonobstant des abus patronaux régulièrement condamnés par les Prud'hommes, il faut être malhonnête pour ne pas reconnaître que ce phénomène résulte d'abord et avant tout de nos modes de vie. Nous voulons des commerces, des cinémas, des restaurants, des services accessibles à toute heure, et par la force des choses, la répartition de ce type de travail ne peut être que fractionnée. Cette précarisation touche d'ailleurs jusqu'à la fonction publique puisque le personnel statutaire faisant le service minimum, il faut bien engager du personnel contractuel corvéable à merci pour faire le travail à leur place.

Fameuse défiscalisation L'autre profonde injustice de la loi sur les 35 heures concerne les RTT, dont ne bénéficient pas les travailleurs des entreprises de moins de 20 salariés, c'est à dire une majorité. Ce n'est pas par hasard si la fameuse défiscalisation des heures supplémentaires a surtout été utilisée par ce type d'entreprises où le patron n'a pas les moyens de payer ses employés plus que le salaire horaire de base et, pour arrondir ses fins de mois, le salarié d'une PME n'a d'autres choix que de travailler davantage quand son collègue d'une entreprise du CAC 40 profitera tranquillement de ses RTT, en gagnant autant sinon plus.

Compte tenu de leur coût pour les finances publiques, d'une vingtaine de milliards par an, les 35 heures ne survivront pas aux présidentielles, quelqu'en soit le vainqueur. François Bayrou a clairement annoncé une grande négociation sociale, dont le démantèlement de cette loi inique sera un des principaux volets. En clair, si les entreprises du CAC 40, ou les PME très rentables, veulent se payer les 35 heures, qu'à cela ne tienne: l'actionnaire touchera moins et la différence servira à financer le coût des 35 heures sans plus solliciter l'aide de l'Etat.

Réformer les comités d'entreprises Mais j'ai appris avec plaisir aujourd'hui, à la lecture d'un communiqué de Jean-Luc Bennahmias, qu'une autre réforme va être proposée par le candidat centriste: la refonte juridique des comités d'entreprise afin d'en élargir le bénéfice aux salariés des PME sous-traitantes des grands groupes. J'en suis ravi car c'est moi qui porte ce projet au MoDem depuis plusieurs années afin de corriger une autre injustice criante. Les grandes entreprises, par leur masse salariale, proposent en effet à leurs salariés des prestations de loisir à des tarifs défiant toute concurrence, pour un gain de pouvoir d'achat pouvant atteindre jusqu'à 1000 euros par an pour une famille, comme par exemple une location de vacances, par rapport au prix catalogue. Permettre aux salariés des PME de cotiser au même comité d'entreprise que leurs donneurs d'ordre s'annonce ainsi comme une réforme sociale majeure. Et juste.

11/01/2012

Guéant démission!

Affubler Nicolas Sarkozy du qualificatif de "sale mec" relevait déjà aux yeux de l'UMP du crime de lèse-Président, ce dernier étant le seul à avoir le droit de traiter ses adversaires et mêmes ses amis de toute sorte de noms d'oiseaux, ce dont pourraient témoigner des myriades de journalistes transgressant le fameux "off" derrière lequel François Hollande croyait pouvoir naïvement se réfugier. Mais le délit d'opinion vient de franchir une nouvelle étape: ne pas voter Sarkozy le 22 avril et le 6 mai s'apparente désormais à de la haute trahison puisque selon Bernard Accoyer, le président UMP de l'Assemblée nationale, la victoire de la gauche aurait des "conséquences économiques et sociales (...) comparables à celles provoquées par une guerre." Bigre, heureusement que je m'apprête à voter Bayrou, ne souhaitant pas un si grand malheur à notre pays.

Cette offensive UMP serait risible si ce parti n'était gangréné par la corruption et la manipulation. La dernière affaire en date, révélée par Le Monde, et naturellement non démentie puisque reposant sur des éléments de justice, est ainsi d'une gravité extrême puisqu'à l'instar des pratiques en vigueur dans les dictatures, on apprend que des hauts fonctionnaires de police, nommés à l'époque Jospin, avaient été débarqués en 2007, sur base de preuves truquées et fabriquées par l'Inspection Générale des Services. Ceux qui doutent que Claude Guéant, l'âme damnée du "sale mec", soit à l'origine de ce montage, qui a brisé la carrière de ces fonctionnaires, depuis blanchis, sont très attachés à la présomption d'innocence. Ils devraient visionner la tête inquiète et écouter les dénégations énoncées d'une voix hésitante par ce récidiviste des coups tordus cet après midi à l'Assemblée nationale: la police en a incarcéré beaucoup qui avaient l'air moins coupables!

 
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