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01/07/2011

DSK outragé ! DSK brisé ! DSK martyrisé ! Mais DSK libéré !...Enfin presque !

Le retournement de la justice américaine, qui a décidé aujourd'hui d'alléger le contrôle judiciaire, au demeurant fort sévère, de Dominique Strauss-Kahn traduit à l'évidence un affaiblissement de l'accusation. Les informations ne sont pour l'instant que de pure procédure, ou ne mettent en cause que la fiabilité du témoignage de Natissatou Diallo et non sa sincérité, mais l'embarras manifeste du Procureur Cyrus Vance junior et l'agacement tout aussi manifeste de son avocat, Kenneth Thompson, laissent augurer de développements plus favorables pour l'ex-futur Président de la République.

Présumé satyre Du reste, le doute finissait par s'instiller puisque, depuis le célèbre appel mondial à la délation lancé par Kenneth Thompson, aucune femme violée, violentée, attouchée, pelotée, abusée, draguée, complimentée par DSK, ne s'est encore manifestée pour soutenir l'accusation. Du coup, on pouvait légitimement se  redemander une fois encore: mais pourquoi diable le directeur général du FMI, qui en avait les moyens et dont la femme à qui il doit tout était consentante, aurait violé une soubrette quand il aurait pu assouvir sans problème ses appétits avec la plus belle des call-girls du pays? Il est pour le moins surprenant que sans certitude sur cette question de base, le Procureur Vance se soit montré d'emblée si acharné contre DSK, l'exhibant le 15 mai menottes aux poings. La surprise se mue aujourd'hui en stupéfaction quand on apprend que quasi simultanément à cette mise en scène judiciaire, les enquêteurs avaient déjà en leur possession l'enregistrement d'une conversation entre la présumée victime et un de ses amis emprisonné s'interrogeant sur les bénéfices financiers qu'elle pourrait tirer de cette histoire encore trouble. Pourquoi n'en a-t-il pas tenu compte lors de l'audience du 6 juin au cours de laquelle l'accusation a été réitérée ainsi d'ailleurs que l'ont été les dénégations du présumé satyre?

Cet épisode me laisse un goût amer à l'égard des Etats-Unis dont je suis un ami, notamment les New Yorkais, et les Démocrates new-yorkais en particulier. Certes, on peut se réjouir de la célérité de la justice américaine, de sa réactivité et de son équité au final. Mais franchement, la justice américaine a quand même foutu un sacré bordel dans notre pays.. Je ne doute pas que la procédure ait été parfaitement respectée mais on ne m'ôtera pas de l'idée que si la magistrature n'était pas une fonction élective outre-atlantique et un tremplin pour une carrière politique, ses plus ambitieux titulaires, à l'instar du Procureur Vance junior,  fils d'un senior, secrétaire d'Etat du Président Carter, auraient moins de raison de se farcir une sommité mondiale pour se bâtir une réputation. Notre tâcheron de juge d'instruction, même s'il a lui aussi des velléités de se faire des notables locaux, est davantage conduit à la prudence par son statut de fonctionnaire. La multiplication des affaires de corruption politique prouvent que cette prudence n'entrave pas pour autant son indépendance.

L'influence du zizi sur la jugeote S'il se confirmait que les charges pour viol devaient tomber, les relations sexuelles avérées dans la chambre 2806 du Sofitel de Manhattan relèveraient à nouveau du domaine privé et seuls les frustrés et autres cul-bénits pourraient alors continuer à considérer les ardeurs strauss-kahniennes comme indignes d'un homme d'Etat. Petit rappel: George Clémenceau était lui aussi priapique et ses qualités d'homme d'Etat me semblent témoigner que l'influence du zizi sur la jugeote peut être maîtrisée dans l'intérêt supérieur du pays. Certes, dans le cas de DSK, cette maitrise demeure à peaufiner, et même à démontrer au stade de la procédure. Mais quand bien même cette démonstration serait apportée, il resterait à savoir si cet épisode de sa vie sexuelle agitée est de nature à le remettre en selle comme candidat socialiste. Et s'il en a toujours envie.

06/06/2011

DSK, le retour de bâton

Qui de Dominique Strauss-Kahn ou Nafissatou Diallo dit la vérité sur ce qui s'est passé le 14 mai dernier dans la chambre 2806 de l'hôtel Sofitel de Manhattan? Nous ne le saurons que lors du procès, dans quelques mois, puisque DSK a plaidé non coupable aujourd'hui devant la Cour de justice criminelle de New York et la femme de chambre a maintenu ses accusations. La brusque remontée de fièvre médiatique autour du French Perv n'aura donc servi à rien, sinon à nous rappeler que la justice ne se décline pas au même rythme, ni selon les mêmes codes, de part et d'autre de l'Atlantique. Mais quel que soient les faits, l'ex-futur Président de la République française a réussi l'exploit, par son impudence au mieux, par sa violence au pire, de semer la zizanie au sein de la société française où désormais toute vérité sera bonne à dire, quand bien même serait-elle fausse, approximative ou calomnieuse.

Les partisans du grand déballage ont de solides arguments. Doit-on cacher les moeurs pédophiles d'un ancien ministre? Certes non. Doit-on dénoncer l'abus d'autorité de George Tron sur ses employées pour obtenir leur faveur sexuelle? Sans aucun doute. Va-t-on vraiment prochainement mettre sur la place publique l'alcoolisme supposé d'une femme politique célèbre, bientôt en course pour l'Elysée? C'est plus que probable si j'en crois les rumeurs journalistiques. Sauf qu'un cran serait alors franchi car l'alcoolisme, sauf au volant, n'est pas un délit. Pas plus que la "partouze" entre adultes consentants, ni la séduction qu'exerce depuis la nuit des temps un vieux beau auprès de ses étudiantes, stagiaires ou collaboratrices parfaitement consentantes. On sera ainsi passé en quelques semaines du silence sur la vie des hommes et femmes politiques à l'étalage de toutes leurs turpitudes. J'ignore si la démocratie y gagnera, l'hypocrisie sûrement.

27/05/2011

L'UE doit repenser sa politique balkanique

Après que le président Boris Tadic ait officiellement exprimé ses "regrets" en novembre 2010 sur les tombes des victimes croates de Vukovar, haut lieu des guerres qui ont ravagé l'ex-Yougoslavie tout au long des années 90', après avoir ouvert un dialogue direct avec le Kosovo en mars dernier, ouvrant ainsi la voie à une reconnaissance de cette ex-province de la Grande Serbie que l'OTAN et l'ONU lui ont arrachée, Belgrade a voulu donner hier une nouvelle preuve de sa bonne foi européenne en livrant à la justice occidentale Ratko Mladic, le "boucher des Balkans", le général en chef des milices de la République serbe sécessionniste de Bosnie Herzégovine, l'homme du siège de Sarajevo (avril 1993-février 1996) et du massacre de Srebrenica (juillet 1995). Un salopard aux allures de bon vivant qui rejoindra la semaine prochaine un autre salopard, Radovan Karadzic, le poète prisonnier de Scheveningen depuis 2008, pour un procès conjoint devant le Tribunal pénal international à La Haye.

Désormais que la Serbie a fait tous ses devoirs, l'UE va devoir sérieusement s'atteler à une réflexion stratégique sur l'intégration de l'ensemble des pays balkaniques à l'UE. Car le moins que l'on puisse dire, c'est que la méthode suivie aujourd'hui, celle du "cas par cas, n'est pas adaptée aux réalités de la région. La Serbie a un énorme passif avec tous ses voisins, y compris Tirana qui n'était pas en ex-Yougoslavie mais qui a parrainée le séparatisme kosovar, et comme la Croatie, le Monténégro, voire la Macédoine, pourraient être membres de l'UE avant Belgrade, jouissant alors d'un droit de veto sur toute nouvelle entrée, il est probable que la Serbie reste à la porte.

La réconciliation doit précéder l'adhésion La Croatie a bien failli elle-même déjà goûter ce veto d'un ex-voisin et frère devenu ennemi, en l'occurrence la Slovénie, membre de l'UE depuis 2004. Premier pays à se sortir de l'ex-Yougoslavie, durant l'été 1990, au terme d'un court et peu meurtrier conflit, la Slovénie s'était vue ravir une partie de ses eaux territoriales par la Croatie toujours membre à l'époque de l'ex-fédération. Par 52% contre 48%, les Slovènes ont cependant donné leur accord par référendum en juin 2010 à un règlement de ce litige avec Zagreb, déverrouillant les négociations européennes, lesquelles au demeurant s'éternisent, laissant entrevoir une adhésion au mieux en juillet 2013. On peut douter que les Croates, une fois membres, seront aussi accommodant avec la candidature serbe au regard du ressentiment bien plus lourd qui persiste de part et d'autre de la frontière.

La réconciliation officielle entre tous les pays de la région me semble donc devoir précéder leur adhésion qui, dès lors, ne saurait être que conjointe et non individuelle en fonction des mérites propres de chacun, ainsi que la Commission et le Conseil l'envisage. D'ici que cette paix sincère des coeurs et des esprits soit conclue, cela n'ôte rien à la nécessité pour l'UE de préparer cette intégration inéluctable à la famille européenne, par des accords commerciaux, des aides financières et des facilitations de visas notamment. Mais ce préalable est à mes yeux la seule garantie pour éviter que les Balkans demeurent un point de crispation en Europe.

 
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