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18/10/2011

Ah! Ah! Ah!

A quoi çà sert que Sarko, il se décarcasse et que Hollande mollisse le programme socialiste sur le front des dépenses publiques? A rien aux yeux de Moody's, qui voyant surtout nos perspectives de croissance en berne, place la dette française sous surveillance avant possible dégradation en 2012. On peut certes maudire le poids de ces agences de notation, qui ont certifié pendant des années la qualité des produits structurés pourris, dont les fameux subprimes à l'origine de la crise financière de 2008, et qui osent aujourd'hui douter de notre capacité à stabiliser nos finances publiques. Mieux vaut toutefois prendre au sérieux leur avertissement car sa concrétisation, et la perte effective de notre triple A, conduirait à alourdir encore notre taux d'emprunt, et donc notre endettement. On en a déjà eu un avant-goût aujourd'hui avec un décrochage entre le rendement à 10 ans du Bund allemand (2,1%) et de l'OAT française (3,1%). Autant dire, si cela faisait encore l'ombre d'un doute, que la campagne présidentielle va se dérouler sous le signe de l'austérité budgétaire.

 

Dans ce contexte, on ne peut être qu'affligé par la tournure qu'a prise la campagne interne pour les élections de la Fonction publique d'Etat et hospitalière qui se déroulent en ce moment. L'ensemble des syndicats n'ont en effet cessé depuis des mois de dénoncer la révision générale des politiques publiques comme la cause de tous les maux du service public. Que la RGPP puisse conduire ici ou là à quelques aberrations, je veux bien en convenir. Reste que sur le papier, notre pays affiche toujours, malgré la fameuse suppression d'un fonctionnaire sur deux, plus de professeurs et plus de policiers par habitant que tous nos voisins et pourtant nos classes sont plus surchargées et les uniformes moins nombreux dans la rue! Plutôt que d'entretenir dans l'illusion du statu quo les 5,2 millions de fonctionnaires et agents nationaux et territoriaux, les syndicats seraient plus réalistes de les préparer à des réformes drastiques quelque soit le résultat de l'élection présidentielle.

04/10/2011

Série noire et pot aux roses

 Avec son regard doux et ses allures de flic au grand coeur, Michel Neyret, l'ange déchu de la police lyonnaise, me fait davantage penser au gentil René Boisrond, alias Michel Noiret, des "Ripoux" qu'à l'ignoble Massard de "Flic ou voyou" interprété par Jean-François Balmer. Beaucoup de témoignages, pas seulement de collègues policiers mais aussi de magistrats, assurent d'ailleurs que s'il y a eu dérapage, ce ne pouvait être que pour la bonne cause, et non l'enrichissement personnel.  

De fait, combien de juges d'instruction font vraiment peser les paquets de haschich saisis par la police alors que tout le milieu judiciaire et policier sait que distribuer du shit à ses indics est une technique de rémunération? Mais la bonne cause et le droit pénal, ça ne marche pas toujours très bien ensemble. Le seul mode reconnu légalement pour payer ses tontons est en effet l'enveloppe en argent liquide. Un système dont je doute de la meilleure performance en matière de lutte contre la corruption: l'indicateur ne justifiant d'aucun contrat, ni reçu, qui peut garantir qu'un tuyau à 5000 euros ne coûtait pas en réalité la moitié et qu'un honnête commissaire ne s'est pas sucré pas au passage tout à fait légalement en faisant porter l'inflation sur son informateur?

Méthodes à l'ancienne Peut être Neyret a-t-il passé trop de temps dans la capitale des Gaules, au point d'y avoir tissé des amitiés que le code pénal réprouve. Du moins ses méthodes à l'ancienne étaient-elles strictement au service de la lutte contre le banditisme. On ne peut pas en dire autant d'autres soit disant "grands flics", comme Frédéric Pèchenard, le directeur de la police nationale, ou Bernard Squarcini, le patron du contre-espionnage (DCRI), les maitres des basse-oeuvres de la Sarkozye et des écoutes présidentielles sur la presse. Ceux là d'ailleurs, Claude Guéant prend bien soin de les protéger. Le Premier flic de France a pris moins longtemps pour prononcer l'épitaphe du second de la PJ lyonnaise. Un peu comme si Guéant livrait Neyret à la justice en victime expiatoire des coups tordus de sa police secrète..

20/09/2011

En matière de moeurs, DSK ne sera jamais qu'un Berlusconi au petit pied

Dans la conclusion d'un billet de juillet dernier (ici), je me demandais si la libération alors probable de DSK était de nature à le remettre en selle comme candidat aux primaires socialistes et s'il en avait toujours envie. En fait, avant même sa prestation télévisée de dimanche soir sur TF1, la réponse était déjà non. Sans surprise de la part d'une bonne amie d'Anne Sinclair, Claire Chazal n'a guère cherché à connaître les circonstances exactes de la relation sexuelle expresse le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan entre le directeur général du FMI et une femme de chambre. L'ultime carré des fidèles s'accrochera à sa version tortueuse d'un piège, voire d'un complot. Mais pour la masse des Français, l'affaire était de toute façon entendue: qu'il s'agisse d'un viol, d'une passe ou d'un miracle de séduction, cet homme s'est de fait disqualifié pour l'Elysée. D'ailleurs, selon le JDD, 65% des téléspectateurs ne voulaient pas connaître de détails croustillants.

Au moment où les Français préfèrent ne pas savoir comment DSK a pu se faire tailler une pipe par une inconnue sans violence, ni argent, les Italiens disposaient pour leur part enfin des preuves vocales des turpitudes hallucinantes de leur Premier ministre. Des écoutes téléphoniques sont ainsi venues confirmer le caractère orgiaque de ses désormais célèbres soirées Bunga-Bunga. Sur une bande, si j'ose dire, il avoue par exemple n'avoir pu honorer que 8 des 11 jeunes femmes commandées ce soir là par un ami. Quel vantard! Ou quelle santé, se disent les 20% d'Italiens qui lui font toujours confiance. Ils étaient 22% de Français à encore attendre que DSK annonce sa candidature l'autre soir à la télé. Il n'a pas cherché à doucher leurs espoirs. Son intervention très remarquée sur la crise grecque, et le flou dont il a entouré son avenir politique au delà de 2012, pourrait en effet laisser supposer qu'il n'a pas renoncé à une éventuelle carrière bruxelloise. Quelque soit sa "faute morale" du moins n'est-il pas apparu susceptible de traiter Angela Merkel de "gros cul imbaisable", comme le dit en privé Silvio Berlusconi au téléphone.

 
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