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07/01/2011

DSK-Ouattara, même combat!

De multiples réseaux soutiennent Laurent Gbagbo, président auto-proclamé de Côte d'Ivoire. Opaques, comme ceux dont Libération se fait ce matin l'écho, ou publics, à l'instar de l'improbable et sordide duo Roland Dumas et Jacques Vergès. A leurs yeux,  la faute de son rival, Alassane Ouattara, est d'être l'ancien Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny, figure emblématique de l'Afrique occidentale gaulliste, et ancien haut-fonctionnaire du FMI, officine néo-libérale assoiffée du sang du peuple, comme chacun sait. Son ivoirité douteuse - il est né dans l'actuel Burkina Faso, ce qui l'avait privé de candidature en 1995, puis en 2000 - et sa religion musulmane - l'église ivoirienne, très puissante, n'a toujours pas reconnu son élection -, aggravent son cas. La reconnaissance de son succès électoral par l'ONU, l'UE et les Etats-Unis achève de faire de lui un personnage douteux.

Sans tenir ces tares supposées comme nécessairement autant de vertus, je ne considère pas qu'avoir été ancien ministre, membre du FMI, non-chrétien et apprécié des milieux mondialistes puisse semer le doute sur la légitimité d'une élection. Sinon, à ce compte là, il ne manquerait plus que les primaires socialistes soient entachées de fraude, pour que DSK ne puisse prétendre à la compétition en 2012 et même à la victoire finale! Quoiqu'à écouter certains chantres du néo-national-socialisme, style Jean-Luc Mélenchon, Dominique Strauss-Kahn et Alassane Ouattara sont les deux faces d'une même médaille frappée de l'effigie du capitalisme apatride. Il faut dire que DSK donne des verges pour se faire battre: un des principaux soutiens de Gbagbo est ainsi le fils de pub Stéphane Fouks, le patron d'Euro RSCG, qui officie en coulisse à une candidature Strauss-Kahn. Je ne suis qu'un modeste observateur, mais je lui conseillerais de changer d'arguments pour déconsidérer un adversaire. Car ceux déployés par les réseaux pro-Gbagbo sont décidemment nauséabonds et pourraient revenir dans la figure du PS où grenouille l'essentiel des soutiens du Pinochet d'Abidjan!

03/01/2011

Des 35 heures, faisons table rase!

Ce début d'année étant placé sous le signe de l'indignation, en hommage à Stéphane Hessel et à son revigorant opuscule à succès, "Indignez-vous!", je n'allais pas laissé passer l'occasion pour ce billet de rentrée de remettre Benoit Hamon dans "le droit chemin", cette attitude rectiligne étant ce que le porte-parole du PS a réclamé lui-même ce matin à Manuel Valls, député-maire d'Evry, après que ce dernier eut oser la veille appeler la gauche à "déverrouiller" le débat sur les 35 heures. Certes on peut suspecter le candidat aux primaires socialistes de jouer un jeu tactique, en s'en prenant à la loi emblématique portée à l'époque par l'actuelle Première secrétaire, Martine Aubry. Reste que contrairement à ce qu'affirme Benoit Hamon, Manuel Valls n'a pas eu par ses propos une "mauvaise intuition politique", mais au contraire posé un vrai problème avant que la campagne présidentielle ne s'en empare nécessairement.

En effet, les 35 heures ne sont pas vécues par tous, loin de là, comme un progrès social. D'abord, cette disposition a grandement contribué à geler l'évolution salariale pour les catégories ouvriers/employés, ce qui devient la principale revendication dans nombre d'entreprises et explique la soif d'heures supplémentaires. Ensuite si toutes les entreprises sont tenues de respecter la durée légale du travail à 35 heures, le personnel travaillant dans celles employant moins de 20 salariés n'a en revanche pas droit aux fameux RTT. Je rappelle que cela concerne 30% des salariés français, souvent dans les secteurs pénibles du transport et du bâtiment, qui subissent ainsi une double peine: les bas salaires et l'absence de repos compensateur. Enfin les 35 heures coûtent chaque année prés de 25 milliards d'euros en allègement de charge, ce qui constitue une part substantielle des 92 milliards de déficits budgétaires courant escomptés en  2011. Le tout pour un résultat mitigé en termes de création ou de maintien d'emplois, selon la dernière enquête de l'Insee.

Dominique Strauss-Kahn, l'inspirateur Il faut en outre avoir la mauvaise foi d'un Benoit Hamon chevillée au corps pour considérer que critiquer les 35 heures reflèterait "une méconnaissance de la réalité de l'organisation du travail aujourd'hui". Le travail est en effet indéniablement désorganisé par les 35 heures, l'exemple récent le plus flagrant étant cette triste épopée vécue le 27 décembre par les 600 passagers du train Strasbourg-Nice, lequel, entre autres avanies, a du subir un changement de conducteur en cours de route, celui ayant embarqué au départ ayant déjà accompli son temps de travail! Alors oui, j'estime avec Manuel Valls qu'il est temps de "déverrouiller" le débat sur les 35 heures. En attendant d'entendre les propositions de Dominique Strauss-Kahn, lui qui en fut le véritable inspirateur auprès de Lionel Jospin, dont la ministre du Travail de l'époque, Martine Aubry, n'était guère enthousiaste au départ.

14/12/2010

Allah est Français et Mohamed va devoir s'adapter

Au vu des millions de musulmans recensés en France, il est heureux que ceux assez "croyants" pour affronter la pluie, le froid, les klaxons et les quolibets soient en définitive si peu nombreux à se croire autorisés par Dieu - et par arrêté préfectoral - à encombrer quelques rues de Paris ou Marseille pour la prière du vendredi soir. Cette occupation du pavé s'explique par l'absence ou l'exigüité des mosquées environnantes, même si je ne doute naturellement pas du militantisme islamiste de certains "fidèles" déterminés à démontrer que la France est terre d'Islam. Je ne doute pas non plus que ces manifestations cultuelles soient largement infiltrées par des policiers en civil d'origine maghrébine et parlant arabe. Au demeurant il est paradoxal que ceux qui s'émeuvent bruyamment de cette situation soient les mêmes qui s'opposent à la construction de lieux de cultes, pourtant financés par les musulmans eux mêmes et dont l'existence délégitimerait et rendrait même illégal ce type de profession de foi publique.

Le Schmilblick de l'intégration C'est délibérément que j'emploie ici des termes mesurés alors que quiconque me connaissant sait à quel point je serais pour le moins radicalement énervée si je voyais la rue Myhra barrée sous mes yeux pour cause de prière intempestive! La raison en est simple: une fois que j'aurais hurlé que "ces bougnoules me font chier" ou "qu'ils retournent chez eux", je n'aurais guère fait avancer le Schmilblick de l'intégration. Car soyons clair: du jour où les troupes françaises ont débarqué le 14 juin 1830 à Sidi-Ferruch  en vue de prendre Alger le mois suivant et de commencer la colonisation immédiatement dans la foulée, le destin musulman de la France était écrit, qu'on le veuille ou non 170 ans plus tard. Prendre en compte les réalités pour trouver des solutions est sur ce sujet comme sur d'autres ma ligne directrice. Or la réalité c'est que 5 à 6 millions de Français sont musulmans et que dès lors, il faut bien faire avec. Sauf à affirmer - et en assumer les conséquences politiques - qu'il s'agit de citoyens de seconde zone, ce qu'ils sont d'ailleurs nombreux à ressentir compte tenu des difficultés auxquelles les Français d'origine étrangère se heurtent pour trouver un travail ou un logement, quand bien même sont-ils diplômés ou disposant de revenus réguliers.

Alors que toute la "communauté chrétienne" s'apprête à fêter Noël, ou plutôt à profiter d'un calendrier millénaire pour passer un bon moment en famille, je me demande ainsi bien pourquoi la "communauté musulmane" ne pourrait pas elle-même aussi profiter d'un jour férié permettant aux familles de se retrouver. Je ne suis nullement spécialiste mais l'Aïd el-Kabir, à l'ambiance apparemment si festive, me paraît s'imposer. Ce serait un gage que la République française donnerait de son respect de toutes les religions pratiquées sur son sol. Car au delà des communautés "chrétienne", "musulmane", voire "juive" - le Yom Kippour pourrait aussi être férié -, c'est la nouvelle communauté nationale, née de notre histoire récente, qu'il faut bâtir. Dois-je rappeler à la "Fille aînée de l'Eglise" que la plupart des fêtes chrétiennes ont été plaquées sur d'anciennes fêtes païennes, à commencer par Noël. Ce que l'Eglise de la Basse Antiquité et du Haut Moyen Âge a su faire pour brasser les populations gallo-romaines et germaniques, pourquoi l'Etat moderne n'en serait-il pas capable pour brasser des populations françaises de souche avec des populations plus récentes?

L'Aïd, pilier du consensus national Naturellement, cette ouverture républicaine vers d'autres cultes ne signifie nullement dans mon esprit un compromis avec les "barbus", pas plus qu'avec la "soutane". En particulier, autant l'Eglise n'a pas à peser sur les débats législatifs en matière d'éthique, les Imans n'ont pas à interférer avec nos lois laïcs, concernant l'interdiction du voile dans les lieux publics en particulier. De même, si les fêtes chrétiennes s'insèrent dans notre vie économique, c'est qu'elles sont prévisibles et il faudra que les musulmans de France - et d'Europe -  s'organisent pour ne plus se laisser dicter leur calendrier par des autorités religieuses étrangères, ni qu'ils persistent à abattre un mouton selon des méthodes considérées comme cruelles sous nos cieux. L'unique objet de ma proposition est d'intégrer une part croissante de la population dans notre organisation sociale, dont les jours fériés sont une des pierres angulaires, non de conforter leur différence. C'est à ce prix que l'Aïd pourrait devenir avec Noël et le 1er mai un des piliers du consensus national.

 
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