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06/05/2011

Potus et bouche cousue

Ainsi donc Barak Obama, autrement connu sous son sobriquet de Potus (President Of The United States) que lui donne ses Services Secrets, a participé à une manipulation consistant à faire croire à la mort d'Oussama Ben Laden, lequel, selon les versions, serait soit toujours vivant, soit mort depuis 9 ou 10 ans et ce serait son cadavre congelé qui aurait été jeté en mer d'Oman. Il va sans dire que cette seconde option, bien plus phantasmagorique, domine sur Internet les commentaires des conspirationnistes de tout poil.

Passerelles secrètes Mais pourquoi diable un président démocrate couvrirait-il d'une manière ou d'une autre les agissements de son prédécesseur républicain? Barak Obama n'aurait-il pas eu plus à gagner politiquement en dénonçant la dissimulation du cadavre de l'ennemi public numéro 1 par George Bush? Mais vous n'y êtes pas du tout, bandes d'ignorants! Obama est membre de la même confrérie secrète que Bush, les ténébreux Skull&Bones, qui manipulent toute la vie politique et économique américaine depuis leur création en 1832 à l'Université de Yale (Connecticut)....Bon, Obama a fait ses études à l'Université de Columbia (New York) mais il existerait des passerelles secrètes et mystérieuses entre les Potus se succédant à la Maison Blanche...

Ce délire, qui a commencé dès le 12 septembre 2001, où on a eu les premières rumeurs selon lesquelles un des attentats de la veille (celui contre le Pentagone) n'aurait en fait jamais eu lieu, n'a cessé de croitre et d'embellir depuis 10 ans pour devenir un terrifiant thriller. Ce grand complot est tellement vaste, et comporte tant de ramifications, que je ne pourrais vous le décrire ici, mais en substance l'histoire est simple: les pseudo-attentats du 11 septembre participent en réalité d'une stratégie de la tension visant à justifier l'intervention américaine en Afghanistan puis en Irak en vue d'encercler l'Iran et de sécuriser les approvisionnements pétroliers. Ben Laden, allié de la CIA contre les soviétiques dans l'Afghanistan des années 80, ne serait qu'un pantin manipulé.

Oeuvre noire Bien sûr que j'aurais aimé des explications sur le fait que des membres de la famille Ben Laden aient quitté les Etats-Unis, non seulement librement après le 11 septembre, mais sous protection officielle. Bien sûr que j'aurais aimé comprendre ces mouvements financiers d'ampleurs à Wall Street quelques jours avant les attentats contre les Tours jumelles. Bien sûr que j'aurais aimé avoir autre chose à voir ces 10 dernières années que des photos et vidéos floues et une voix monocorde en arabe repiquées sur Al-Jazeera. Bien sûr que j'aurais préféré qu'on ne jette pas la dépouille en mer. Bien sûr que j'aurais préféré qu'on diffuse des images de l'assaut d'Abbottabad.

Reste qu'imaginer qu'une machination aussi complexe et globale, impliquant que des centaines de personnes soient dans la confidence et maintiennent le secret depuis 10 ans, relève de la paranoïa pure et simple. Barak Obama, haï par la droite républicaine et le Tea Party qui insistent tant sur son second prénom musulman, Hussein, pour contester sa légitimité et rappellent qu'il a été un des rares parlementaires démocrates américains à n'avoir pas voté la guerre en Irak en octobre 2002, n'a aucune raison rationnelle de participer à une telle oeuvre noire, nonobstant l'absurdité même de cette dernière. Mais la raison, c'est moins drôle.

03/03/2011

Mourir pour Tobrouk

J'ai déjà eu l'occasion ici même récemment de rappeler l'existence d'une directive de 2001 prévoyant une protection temporaire en cas d'afflux massif de réfugiés. Ce texte avait été adopté, mais trop tard, suite aux situations humaines dramatiques qui avait marqué les guerres dans les Balkans. Aujourd'hui que l'afflux massif de réfugiés en provenance de Libye est en passe de déstabiliser la Tunisie et l'Egypte, deux pays qui ont d'autres problèmes à régler suite à leur révolution démocratique, je ne regrette pas d'avoir lancé cet appel. Dans le vide naturellement puisque toute sollicitation de solidarité est désormais considérée comme un non-sens dans notre belle république lepeno-sarkozienne où le rejet de l'autre et la peur du changement font office de politique. Nous n'avons hélas rien à envier à nos voisins de ce point de vue, l'Allemagne par exemple se montrant plus étriquée encore.

Cela ne m'empêchera pas d'aller plus loin dans la provocation au vu des derniers développements en Libye, c'est à dire la contre-offensive militaire lancée par Mouammar Kadhafi contre les villes et régions qui se sont libérées de son emprise. Les estimations de victimes se comptent déjà en milliers. Faudra-t-il attendre qu'ils se comptent en dizaines de milliers pour que l'Union européenne se décide à intervenir? De loin dans un premier temps en organisant le quadrillage du ciel libyen afin de barrer la route, voire d'abattre les avions-chasseurs qui auraient velléités de tirer sur le peuple, de plus prés dans un second temps, si cette exclusion aérienne ne suffit pas et que la nécessité de débarquer des troupes à Tripoli s'avère indispensable au renversement de Kadhafou.

Ce plaidoyer guerrier n'a rien d'une lubie irréfléchie. On sait quand on commence une guerre, on ne sait jamais quand on l'arrête. Il suffit de voir le bourbier afghan (et alors même que j'étais et suis toujours favorable à l'intervention), sans parler du bourbier irakien (et alors même que je persiste à penser qu'à l'époque, en 2003, la priorité n'était pas d'attaquer le seul régime clairement anti-islamiste de la région). Reste que quand des images de massacres de femmes et d'enfants, de villages rasés, de prisonniers torturés, feront le tour des télévisions du monde, la veulerie dont nous faisons preuve aujourd'hui sera un motif de honte. C'était déjà le cas dans les années 90 en Bosnie et au Kosovo et ce sont les Américains qui se sont finalement coltinés Milosevic. Cette fois Washington demande clairement à Paris, Londres et Rome de prendre leurs responsabilités. Chiche!

03/11/2010

Secret défense: les sous marins nucléaires français et anglais ne vont plus s'éperonner en haute mer

De Trafalgar à Mers el-Kébir, la Marine Nationale a appris à se méfier de la Royale Navy, mais du moins l'honneur avait toujours été sauf. Rien de tel en revanche pour les deux flottes française et britannique qui vécurent le ridicule en cette nuit du 3 février 2009 quand Le Triomphant se fit éperonner en plein Atlantique nord par le Vanguard, leurs Amirautés, pourtant alliées de longue date, n'ayant pas dotés leurs sous marins nucléaires lanceurs d'engin (SNLE) des moyens de décrypter leurs systèmes respectifs de brouillage! On peut espérer que le point 8 ("Etude et développement en commun d'équipements pour les futures générations de sous-marins nucléaires") des 17 Traités et engagements conclus le 2 novembre à Londres, dans le cadre d'un accord de défense cosigné par Nicolas Sarkozy et David Cameron, évitera à l'avenir une telle avanie.

A la vérité, si la perfide Albion fait soudainement les yeux doux au coq gaulois en se proposant pour pléthores de coopération opérationnelles et industrielles allant des drones à la cybersécurité, en passant par les missiles et les anti-mines, c'est surtout parce que son budget militaire - amputé de 8% sur les 5 prochaines années, contre une hausse de 3% en France -, ne lui permet plus de tenir son rang et la contraint à relancer des projets et programmes en germe depuis décembre 1998 et les fameux accords de Saint-Malo entre Jacques Chirac et Tony Blair, lesquels devaient donner naissance sur le papier à la politique européenne de défense et de sécurité en 1999 à Helsinki et au concept de politique de sécurité et de défense commune (PSDC) prévu par le Traité de Lisbonne.

Force expéditionnaire C'est ainsi que devrait se concrétiser d'ici 2020 cette "force aéronavale d'attaque intégrée" franco-britannique dont il est question depuis 2004. Il ne faudra toutefois pas trop compter sur cette bonne entente navale en cas de coup dur: le HMS Ark Royal va être démantelé l'année prochaine, et en attendant le lancement du Prince of Wales en 2019, cette force aéronavale commune reposera sur le seul Charles de Gaulle, plus souvent au port pour maintenance et réparation que croisant en zone hostile. Du moins cette collaboration industrielle permettra d'adapter les catapultes lanceurs d'avions des bâtiments de guerre aux contraintes techniques des chasseurs français et britanniques qui pourront ainsi chacun décoller et apponter, les uns horizontalement et les autres verticalement.

De même, la création de cette "force expéditionnaire commune inter-armées", appelées à mener des opérations de "haute intensité" n'apparaît guère révolutionnaire et répond à "l'objectif global 2010" que s'étaient assignés les Vingt Sept en novembre 2007 en instaurant des "groupements tactiques" rapidement déployables sur les théâtres d'opération, objectif confirmé par le Traité de Lisbonne avec l'instauration d'une "coopération structurée permanente". Il existe déjà une brigade franco-allemande, ainsi que l'Eurocorps. Mais le problème de ces battlegroup c'est leur virtualité au delà des parades et de l'entrainement: sur le terrain en effet, comme en Afghanistan, les Européens combattent certes côte-à-côte, mais chacun dans leur propre régiment, sans que les troupes, sinon leurs officiers, se mélangent. Pour Londres, toujours rétif à la moindre perspective d'armée européenne, ce corps franco-britannique n'a donc aucune signification concrète, sauf pour aider l'ami américain en cas de besoin dans le cadre de l'OTAN au sein de laquelle la France est à nouveau pleinement intégrée.

Sous contrôle du Pentagone Beaucoup plus concret - et apparemment inattendue pour les spécialistes qui l'écartaient voilà peu - reste finalement cette coopération annoncée en matière de dissuasion nucléaire. Force est de reconnaître le talent anglais qui a su flatter notre orgueil national puisque si la dissuasion est ressentie comme un fardeau outre-Manche - dont les missiles sont américains et sous contrôle du Pentagone en vertu des accords de Nassau de 1962 -, la "bombe" est au contraire dans l'hexagone symbole de fierté et d'indépendance nationale. Moyennant quoi, les britanniques profiteront en 2014 du laboratoire de Valduc, prés de Dijon, où le CEA développe un système de simulation des explosions - depuis l'arrêt des essais à Mururoa en 1995 - tandis que sera construit un équipement équivalent à Aldermaston.

Bien sûr, pour modestes qu'ils soient au regard des retards pris et de la simple logique qui aurait du conduire à réaliser ces mutualisations de moyens sans attendre la crise, ces accords n'en sont pas moins une bonne nouvelle pour l'Europe de la défense. La France et le Royaume-Uni cumulent en effet toujours la moitié des budgets de défense des pays européens ainsi que les 2/3 des dépenses de recherche et de technologie et ils sont parmi les rares pays du monde à avoir la capacité technique et la volonté politique d'assumer des missions militaires à l'étranger et à conserver des bases hors du territoire national. Mais si sans eux rien n'est possible, ce rapprochement entre deux ennemis traditionnels, qui se découvrent enfin des atomes crochus à la faveur d'une disette budgétaire, ne suffit pas à bâtir une défense européenne.

Stratégie commune de sécurité La principale raison de cette absence de progrès réels demeure l'autonomie stratégique quasi-totale des deux partenaires alors que l'épisode de la guerre d'Irak n'est pas si loin qui a démontré l'abysse qui les séparait dans l'appréhension de leurs intérêts dans le monde. Ce dont l'Europe a besoin, c'est précisément de la définition d'une stratégie commune de sécurité, laquelle est du ressort de Catherine Ashton, la Haute représentante pour l'UE, qui n'a que peu d'appétence pour les questions militaires et a déjà indiqué son hostilité à la création d'un Quartier général européen pour conduire les opérations sous drapeau de l'UE et dont les postes de commandement varient aujourd'hui d'une mission à l'autre. Il est vrai qu'une stratégie commune reviendrait à se poser les vraies questions d'avenir. Par exemple, suite à un massacre de cadres chinois par des ouvriers africains maltraités, des paras chinois débarquent sur le continent noir pour protéger leurs ressortissants; que fait l'UE? Nul doute qu'à la Maison Blanche comme au Kremlin, l'option est déjà étudiée. A ce stade, Mme Ashton n'a toujours pas réagi aux résultats du Sommet de Londres, préférant commenter les élections en Tanzanie ou les menaces sur l'Iranienne Sakineh.

La seconde raison de cette lenteur dans la recherche effective d'une défense commune, un des rares projets européens soutenus sans discontinuer par les citoyens européens selon l'Eurobaromètre: la concurrence industrielle. L'accord franco-britannique devrait relancer l'A400M, un transporteur militaire d'Airbus dont le financement est dans les limbes depuis des années. Mais la défense aéronautique reste pour l'essentiel soumise à la compétition entre l'Eurofighter et le Rafale, et la défense terrestre toujours obligée de choisir entre une dizaine de fabricants de blindés. Il est illusoire de penser qu'une défense européenne verra le jour si des restructurations importantes ne sont pas menées par les industriels du secteur. La course au marché international dans laquelle ils se sont lancés pour y échapper est un leurre (dont le contribuable français payent d'ailleurs la note concernant Dassault) qui ne fait que repousser l'échéance et retarder encore plus la possibilité de créer une armée européenne, dotée de matériels communs, et capable d'affirmer au monde que l'UE est autre chose qu'une machine à pondre des normes et des règlements.

 

 
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