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17/01/2011

Navrantes palinodies diplomatiques françaises en Tunisie

Pathétique plaidoyer que celui d'Henri Guaino ce matin pour justifier l'apathie de la diplomatie française face à la Révolution du jasmin en Tunisie. Le conseil spécial du Président de la République n'a certes pas tort de souligner la difficulté pour un pays comme la France de s'ingérer dans les affaires de ses ex-colonies, en l'occurrence un protectorat. Reste qu'à tout le moins, faute d'intervenir, Paris aurait pu faire preuve d'une prudente neutralité alors que tant de signaux montraient depuis un mois le pouvoir tunisien vaciller. Or force est de constater que bien au contraire, la France a officiellement soutenu jusqu'au bout le régime honni, Michèle Alliot-Marie, qui a du oublié qu'elle n'était plus ministre de l'Intérieur, offrant même encore mardi dernier, à l'avant veille de la fuite du dictateur, les services de la France en matière d'expertise sécuritaire!

Le rétropédalage du week-end n'en est apparu que plus pitoyable: après avoir interdit de séjour Zine el-Abidine Ben Ali lui même, c'est une de ses filles et petit fils en villégiature dans un des palaces kitsch de Disneyland  qui ont été précipitamment incités à quitter le pays, avant que ce matin les avoirs du potentat déchu, lesquels jusqu'à présent ne gênaient personne, ne soient mis sous surveillance. Cet opportunisme masque mal l'absence totale de valeurs de la part de la Patrie des Droits de l'Homme, et c'est sans doute çà qui a le plus déçu les Tunisiens en révolte démocratique. Cet épisode tunisien confirme l'inquiétant relativisme de Nicolas Sarkozy en matière diplomatique dont la pusillanimité à l'égard de la Chine est la plus éclairante illustration. J'espère qu'il nous épargnera la honte de voir les Tunisiens, qui ont chassé leur président avec le slogan "Dégage Ben Ali", accueillir à l'avenir le Président français en visite avec des panneaux "Casses toi pauvre con!"

 

 

07/01/2011

DSK-Ouattara, même combat!

De multiples réseaux soutiennent Laurent Gbagbo, président auto-proclamé de Côte d'Ivoire. Opaques, comme ceux dont Libération se fait ce matin l'écho, ou publics, à l'instar de l'improbable et sordide duo Roland Dumas et Jacques Vergès. A leurs yeux,  la faute de son rival, Alassane Ouattara, est d'être l'ancien Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny, figure emblématique de l'Afrique occidentale gaulliste, et ancien haut-fonctionnaire du FMI, officine néo-libérale assoiffée du sang du peuple, comme chacun sait. Son ivoirité douteuse - il est né dans l'actuel Burkina Faso, ce qui l'avait privé de candidature en 1995, puis en 2000 - et sa religion musulmane - l'église ivoirienne, très puissante, n'a toujours pas reconnu son élection -, aggravent son cas. La reconnaissance de son succès électoral par l'ONU, l'UE et les Etats-Unis achève de faire de lui un personnage douteux.

Sans tenir ces tares supposées comme nécessairement autant de vertus, je ne considère pas qu'avoir été ancien ministre, membre du FMI, non-chrétien et apprécié des milieux mondialistes puisse semer le doute sur la légitimité d'une élection. Sinon, à ce compte là, il ne manquerait plus que les primaires socialistes soient entachées de fraude, pour que DSK ne puisse prétendre à la compétition en 2012 et même à la victoire finale! Quoiqu'à écouter certains chantres du néo-national-socialisme, style Jean-Luc Mélenchon, Dominique Strauss-Kahn et Alassane Ouattara sont les deux faces d'une même médaille frappée de l'effigie du capitalisme apatride. Il faut dire que DSK donne des verges pour se faire battre: un des principaux soutiens de Gbagbo est ainsi le fils de pub Stéphane Fouks, le patron d'Euro RSCG, qui officie en coulisse à une candidature Strauss-Kahn. Je ne suis qu'un modeste observateur, mais je lui conseillerais de changer d'arguments pour déconsidérer un adversaire. Car ceux déployés par les réseaux pro-Gbagbo sont décidemment nauséabonds et pourraient revenir dans la figure du PS où grenouille l'essentiel des soutiens du Pinochet d'Abidjan!

09/11/2010

Supplice chinois

Un sondage Eurobaromètre publié aujourd'hui indique que 44% des Européens estiment tirer profit du libre échange, 39% étant d'un avis contraire et 17% ne se prononçant pas. L'origine sociale des 26 635 personnes interrogées partout dans l'UE en tête à tête n'influence pas ou peu ce jugement. Bien sûr 59% des cadres dirigeant pensent que c'est une bonne chose, mais aussi 46% des travailleurs manuels et même 39% des chômeurs et 50% des étudiants.

Pour le reste ce sondage, publié par la Commission européenne à l'occasion du lancement de sa nouvelle stratégie commerciale, ne recèle guère de surprise: ceux qui sont pour vantent l'élargissement de la gamme des produits disponibles à bas coût, ceux qui sont contre se plaignent de la baisse de qualité. Les premiers pensent que c'est bon pour l'économie, les seconds que c'est mauvais pour l'emploi. Ce qui est surprenant c'est qu'une majorité, quoiqu'il pense du libre échange, n'est pas prête à payer plus cher ses produits ni au nom des droits sociaux avec les pays d'origine, ni au nom du respect de l'environnement. Pire encore, de mon point de vue, concernant les minoritaires: un peu plus (42%) pourrait envisager de payer jusqu'à 10% plus cher un produit respectueux de l'environnement (46% contre) mais seulement 37% un produit respectueux des droits sociaux (51% contre).

C'était ma rubrique: "inutile de m'épuiser à écrire contre la politique commerciale laxiste et désastreuse  de l'UE puisque vous êtes très majoritairement en faveur du supplice chinois!" 

 
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