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05/10/2010

Requiem pour un con

Quelle leçon vient de donner la justice française à ceux qui se croient tout permis. Ces traders en rupture de cash, ces brokers en mal de couverture, ces arbitres de marchés hors jeu, ces ingénieurs financiers aux martingales foireuses, ces comptables insomniaques comptant l'argent qu'ils jettent par les fenêtres, ces gourous à l'analyse en berne, ces courtiers et autres gérants de fortune dilapidée, croyaient-ils vraiment que le droit et la morale allaient les épargner? Que nenni, comme vient de l'illustrer le jugement exemplaire qui a frappé aujourd'hui cet impertinent Jérôme Kerviel, condamné à rembourser jusqu'au dernier cent l'argent ignominieusement détourné de la Société Générale, non sans passer par la case prison. C'est la dure loi du Monopoly financier et il en connaissait les règles.

Comment imaginer, comme l'assurait la défense ignoble de cet aventurier avide, qu'un homme aussi vertueux que Daniel Bouton, son ancien patron, blanchi sous le harnais des cabinets ministériels et Père la rigueur de la finance française, aurait pu couvrir des circuits opaques et parallèles permettant à ses employés de prendre des risques inconsidérés avec l'argent de ses clients? Pour tout dire, c'est une histoire aussi abracadabrantesque que la soit disant affaire Woerth-Bettencourt. La preuve d'ailleurs, elle fait "pschitt" et la loi d'airain du secret bancaire s'est abattue sur le coupable. Quand je pense que certains prétendent taxer les banques alors qu'elles risquent déjà chaque jour les rapines de ces Kerviel et consorts. J'espère qu'après un tel dénouement, la honte gagne les contempteurs du capitalisme financier, dont les fantasmes infantiles ont tant nuit à la réputation d'une corporation méritante qui se contente de l'aumône de quelques bonus pour œuvrer au bien être d'une humanité vraiment peu reconnaissante.

27/09/2010

Les coûteuses joyeusetés du Collège européen de police

J'ignore s'il s'agit du bon Ulf Göransson, que l'on voit hilare sur un mur Facebook, trois ravissantes blondes courtement vêtues de rose, l'enserrant joyeusement...  toujours-est-il qu'Ulf Göransson a été débarqué de la présidence du conseil d'administration du Collège européen de police (CEPOL) pour être remplacé par un Hongrois au profil beaucoup plus sérieux! Car Ulf, haut fonctionnaire suédois à la carrière jusqu'alors terne, s'amusait bien: à peine arrivé à Branshill, au siège du CEPOL en avril 2007, sa note de téléphone explosait au même rythme que les bouchons de champagne dans les fastueuses réceptions qu'il donnait, et dont les invités étaient intégralement pris en charge.

Les premiers à donner l'alerte - sans doute sur dénonciation - furent les limiers de l'Office européen de la lutte anti-fraude (OLAF) qui découvrirent en 6 mois pour 30 000 euros de frais indus (nonobstant naturellement un salaire dépassant les 15 000 euros mensuels). La Cour européenne des Comptes a alors mis son nez dans cette pétaudière avec un rapport d'audit accablant: 280 000 euros en 2 ans dépensés, sinon toujours frauduleusement, du moins sans respecter la règlementation financière tatillonne qui préside naturellement à toute dépense au sein des Institutions européennes. Car contrairement à la France, où un rapport de la Cour des comptes reste le plus souvent sans conséquence, un audit européen fait des dégâts, surtout s'il est doublé d'un rapport de l'OLAF. C'est même la genèse de la chute de la Commission européenne, contrainte à la démission en 1999 après des mois de révélations sur la mauvaise gestion bruxelloise.

Question qui fâche Le pire, c'est que bien qu'alertés par les dérives somptuaires du gaillard nommé par leurs collègues ministres de l'Intérieur, les ministres européens des Finances se sont certes résolus à se débarrasser d'Ulf Göransson, mais n'en n'ont pas moins tenté d'échapper à leur responsabilité en demandant qu'on lui donne quand même quitus pour l'exécution du budget 2008, le dernier qu'il ait pleinement géré. Si l'on ose dire.  La commission du contrôle budgétaire (CONT) du Parlement européen ne l'a pas entendu de cette oreille qui a refusé aujourd'hui d'endosser les comptes du CEPOL ainsi présenté toute honte bue par le Conseil des ministres.

Non sans poser la question qui fâche: pourquoi cette agence, dont la mission consiste à organiser des séminaire de formation pour les hauts gradés des polices nationales, doit il avoir son propre siège, qui plus est paumé au milieu de la campagne britannique, plutôt que d'être rattaché à Europol, l'Office européen de coopération policière installé à La Haye et dont chacun loue l'efficacité des services? Question subsidiaire: pourquoi les ministres ont nommé un conseil d'administration de 27 membres (tous rémunérés mais dont les noms sont introuvables sur l'organigramme!)  alors que le CEPOL ne compte que 24 membres du personnel, les formateurs et professeurs étant des prestataires de service externes?

14/09/2010

Roms: tel est pris qui croyait prendre

 

 

Nicolas Sarkozy, par l'affaire Woert gêné,

Crut bon de se défendre par une vile contre-attaque.

"Qu'on chasse ces pouilleux, qu'on détruise leurs baraques!"

Décréta-t-il soudain. "Et les Roms les premiers!"

 

A cette lubie douteuse, excités qu'ils étaient,

Ses sbires, ses complices, ses veules thuriféraires

Emulèrent dans l'ignoble pour pondre une circulaire

Afin que chacun sache qu'en France la loi régnait.

 

Mais à trop ressortir toujours les mêmes ficelles,

A force d'ignorer la morale et le droit,

Il a perdu crédit, de Berlin à Bruxelles,

 

Et se retrouve piégé avec sa mauvaise foi.

Que sa honte rejaillisse sur nous tous et la France

Est la pire qu'il ait faite de toutes ses offenses.

 

 

 
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