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15/12/2011

Putain, 2 ans!

Un ancien chef d'Etat condamné à la prison pour abus de confiance, détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêt, cela n'est pas courant et Jacques Chirac fait ainsi une entrée remarquée dans le cercle restreint des dirigeants d'un pays démocratique condamné pour des actes délictueux commis sous couvert de leur fonction politique, en l'occurrence le concernant comme maire de Paris. En Europe, il faut remonter jusqu'au Premier ministre italien Bettino Craxi, condamné en 1992 à 27 ans de prison, dont 10 fermes, pour des faits autrement plus graves qu'une quinzaine d'emplois fictifs qui valent 2 ans avec sursis à notre Chichi national.

L'agnosie de l'ex Président de la République, qui lui permit de se faire porter pâle au procès, n'aura pas convaincu le Président du Tribunal, selon qui Jacques Chirac, à la mémoire aujourd'hui défaillante, à l'époque "connaissait tous les rouages" qui l'ont amené à faire salarier par le contribuable parisien des employés du RPR, et même à payer le chauffeur de Marc Blondel, alors grand manitou social de FO, lequel est reconnu coupable mais dispensé de peine par une justice dont on peut louer les efforts pour châtier raisonnablement et proportionnellement les inculpés de cette arnaque, grand classique du financement occulte

Statut pénal d'exception Il est bien triste de voir condamné ce vieux monsieur, que je trouve personnellement sympathique pour l'avoir plusieurs fois rencontré dans mon ancienne vie professionnelle, que ce soit comme Premier ministre, maire de Paris ou Président de la République, mais il est seul responsable de ses déboires. D'abord en se rendant pénalement coupable des faits - et moralement en tentant de faire porter le chapeau à d'autres -, et ensuite en échappant avec succès à toute enquête lorsqu'il était à l'Elysée grâce au renforcement du statut pénal d'exception du chef de l'Etat qui l'a immunisé tout au long de ses mandats, mais qui n'a fait que retarder la procédure dont il peut difficilement se plaindre du coup de la longueur.

Le verdict du dossier des emplois fictifs de la Ville de Paris devrait ainsi faire réfléchir l'actuel locataire du Palais présidentiel. De plus en plus cerné par l'affaire des rétro-commissions dans la vente de sous-marins au Pakistan qui auraient servi au financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 et dont l'interruption dans des conditions obscures serait à l'origine des attentats de Karachi, Nicolas Sarkozy, porte-parole de Balladur à l'époque, a déjà vu plusieurs de ses proches inquiétés. Mais il échappe jusqu'à présent à toute inquisition judiciaire grâce à ses fonctions, y compris celles de chef des armées qui lui permet de maintenir le secret-défense sur de nombreuses pièces. Après la condamnation de son grand ainé et prédécesseur, Nicolas Sarkozy sait cependant que désormais la justice française n'hésitera pas à lui demander des comptes s'il devait perdre l'élection en mai prochain.

04/10/2011

Série noire et pot aux roses

 Avec son regard doux et ses allures de flic au grand coeur, Michel Neyret, l'ange déchu de la police lyonnaise, me fait davantage penser au gentil René Boisrond, alias Michel Noiret, des "Ripoux" qu'à l'ignoble Massard de "Flic ou voyou" interprété par Jean-François Balmer. Beaucoup de témoignages, pas seulement de collègues policiers mais aussi de magistrats, assurent d'ailleurs que s'il y a eu dérapage, ce ne pouvait être que pour la bonne cause, et non l'enrichissement personnel.  

De fait, combien de juges d'instruction font vraiment peser les paquets de haschich saisis par la police alors que tout le milieu judiciaire et policier sait que distribuer du shit à ses indics est une technique de rémunération? Mais la bonne cause et le droit pénal, ça ne marche pas toujours très bien ensemble. Le seul mode reconnu légalement pour payer ses tontons est en effet l'enveloppe en argent liquide. Un système dont je doute de la meilleure performance en matière de lutte contre la corruption: l'indicateur ne justifiant d'aucun contrat, ni reçu, qui peut garantir qu'un tuyau à 5000 euros ne coûtait pas en réalité la moitié et qu'un honnête commissaire ne s'est pas sucré pas au passage tout à fait légalement en faisant porter l'inflation sur son informateur?

Méthodes à l'ancienne Peut être Neyret a-t-il passé trop de temps dans la capitale des Gaules, au point d'y avoir tissé des amitiés que le code pénal réprouve. Du moins ses méthodes à l'ancienne étaient-elles strictement au service de la lutte contre le banditisme. On ne peut pas en dire autant d'autres soit disant "grands flics", comme Frédéric Pèchenard, le directeur de la police nationale, ou Bernard Squarcini, le patron du contre-espionnage (DCRI), les maitres des basse-oeuvres de la Sarkozye et des écoutes présidentielles sur la presse. Ceux là d'ailleurs, Claude Guéant prend bien soin de les protéger. Le Premier flic de France a pris moins longtemps pour prononcer l'épitaphe du second de la PJ lyonnaise. Un peu comme si Guéant livrait Neyret à la justice en victime expiatoire des coups tordus de sa police secrète..

20/09/2011

En matière de moeurs, DSK ne sera jamais qu'un Berlusconi au petit pied

Dans la conclusion d'un billet de juillet dernier (ici), je me demandais si la libération alors probable de DSK était de nature à le remettre en selle comme candidat aux primaires socialistes et s'il en avait toujours envie. En fait, avant même sa prestation télévisée de dimanche soir sur TF1, la réponse était déjà non. Sans surprise de la part d'une bonne amie d'Anne Sinclair, Claire Chazal n'a guère cherché à connaître les circonstances exactes de la relation sexuelle expresse le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan entre le directeur général du FMI et une femme de chambre. L'ultime carré des fidèles s'accrochera à sa version tortueuse d'un piège, voire d'un complot. Mais pour la masse des Français, l'affaire était de toute façon entendue: qu'il s'agisse d'un viol, d'une passe ou d'un miracle de séduction, cet homme s'est de fait disqualifié pour l'Elysée. D'ailleurs, selon le JDD, 65% des téléspectateurs ne voulaient pas connaître de détails croustillants.

Au moment où les Français préfèrent ne pas savoir comment DSK a pu se faire tailler une pipe par une inconnue sans violence, ni argent, les Italiens disposaient pour leur part enfin des preuves vocales des turpitudes hallucinantes de leur Premier ministre. Des écoutes téléphoniques sont ainsi venues confirmer le caractère orgiaque de ses désormais célèbres soirées Bunga-Bunga. Sur une bande, si j'ose dire, il avoue par exemple n'avoir pu honorer que 8 des 11 jeunes femmes commandées ce soir là par un ami. Quel vantard! Ou quelle santé, se disent les 20% d'Italiens qui lui font toujours confiance. Ils étaient 22% de Français à encore attendre que DSK annonce sa candidature l'autre soir à la télé. Il n'a pas cherché à doucher leurs espoirs. Son intervention très remarquée sur la crise grecque, et le flou dont il a entouré son avenir politique au delà de 2012, pourrait en effet laisser supposer qu'il n'a pas renoncé à une éventuelle carrière bruxelloise. Quelque soit sa "faute morale" du moins n'est-il pas apparu susceptible de traiter Angela Merkel de "gros cul imbaisable", comme le dit en privé Silvio Berlusconi au téléphone.

 
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