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08/03/2012

Quand Airbus tousse, c'est la taxe carbone qui s'enrhume

C'est un beau débat en perspective qui s'annonce et pourrait animer la campagne présidentielle: l'Union européenne est-elle en droit d'imposer une taxe carbone à tous les avions atterrissant ou décollant depuis son territoire? Apparemment non, aux yeux de la Chine qui vient de suspendre aujourd'hui la commande de 45 Airbus en guise de représailles. A vrai dire Pékin n'est pas seul à contester cette nouvelle règlementation européenne en vigueur depuis le 1er janvier. La Russie a ainsi déjà menacé de limiter le survol de la Sibérie par les avions européens. Au total, 29 pays - dont le Japon, le Brésil, l'Inde ou la Corée du Sud - ont signé, à Moscou, une déclaration réclamant le report ou l'annulation de la décision européenne.

La législation controversée découle des engagements pris en 2008 par l'UE de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Les compagnies aériennes doivent apporter leur écot à cette lutte contre le changement climatique en achetant l'équivalent de 15 % de leurs émissions annuelle de CO2 - soit 32 millions de tonnes. Jusqu'à présent, et malgré la bronca qui agite les milieux aéronautiques depuis des mois à cette perspective, l'UE demeurait ferme et sa commissaire au Climat, la danoise Connie Hedegaard rappelait encore récemment que si en avril 2013 les compagnies opérant sur le sol européen ne se sont pas acquittées de la taxe, elles pourraient se voir interdites de vol en Europe ou contraintes d'acquitter une amende de 100 euros par tonne de CO2.

Frein aux délocalisations La pression internationale est toutefois entrain de fissurer la détermination européenne: la taxe rapporterait dans les 260 millions d'euros par an alors que si la Chine annulait effectivement sa commande, ce serait près de 20 milliards d'euros de manque à gagner pour Airbus. Angela Merkel a ainsi d'ores et déjà demandé à la Commission de remettre le dossier à plat et on peut s'attendre à ce que Nicolas Sarkozy l'imite. Comme à son habitude. Une telle reculade porterait évidemment un coup fatal à la crédibilité politique de l'UE qui a fait de la lutte contre le changement climatique son cheval mondial de bataille. D'autant que l'UE envisage d'étendre cette taxe au transport maritime. Et c'est bien là le coeur du lobbying actif des multinationales sur les gouvernements européens: renchérir le coût du transport serait un frein aux délocalisations. C'est pourquoi, quoique l'on pense de ce combat environnemental, j'espère que les Européens tiendront bon.

Commentaires

ben moi je trouve que 20 milliards contre 260 millions y a pas photo. t es devenu socialiste ??? je plante une racine de gangea rien que pr toi mon yaya , je preserve notre environnement.

Écrit par : donnadieu | 13/03/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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