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16/02/2012

France forte, mais Sarkozy faible

Nicolas Sarkozy a raté hier sa déclaration de candidature. Sur la forme, le Président sortant semblait littéralement ailleurs, se contentant de réciter les réponses à des questions convenues d'avance avec Laurence Ferrari, dont la connivence joviale était le seul relief de l'entretien. Quant au fond, il n'a rien dit de neuf par rapport à son interview fleuve au Figaro Magazine le week end dernier. Avec un tel départ en campagne, je vois mal comment il compte rebondir dans les intentions de vote.

Son pari est d'incarner le peuple face aux élites que représenterait François Hollande. C'est un peu fort de café de la part de quelqu'un qui choisit le journal de Serge Dassault pour exposer son programme et la chaine de Martin Bouygues pour présenter sa candidature, deux héritiers qui lui sont très proches et dont l'ancrage est plus au Fouquet's qu'au bar-tabac du coin. Son projet est d'instituer une République plébiscitaire, ce qui est conforme à sa filiation gaulliste, mais à mon sens ne répond pas aux besoins de la France où les corps intermédiaires, y compris le Parlement, sont déjà si faibles et mériteraient au contraire d'être renforcés et non contournés. On peut d'ailleurs s'interroger sur sa sincérité en la matière puisque la réforme constitutionnelle qu'il a fait voter en 2008 prévoyait le référendum d'initiative citoyenne mais les dispositions pratiques pour mettre en oeuvre ce nouveau droit n'ont jamais été adoptées par le gouvernement....

Les convictions à éclipse de Sarkozy sont d'ailleurs sa marque de fabrique depuis 5 ans. Et ces volte-face idéologiques sont précisément ce que lui reprochent ses électeurs déçus, selon les enquêtes d'opinion qualitatives. Les sondages nous diront d'ailleurs bientôt si en tenant ce même cap fluctuant, une idée chassant chaque jour la précédente, Nicolas Sarkozy pourra rebondir. J'espère au contraire que les Français se tourneront vers le seul candidat qui n'a pas varié dans ses analyses, ni ses choix, c'est à dire François Bayrou. François Bayrou que, tout à sa stratégie du clivage, Nicolas Sarkozy a délibérément ignoré, pour concentrer ses attaques directes contre François Hollande et subliminales contre sa compétitrice droitière Marine Le Pen. C'est probablement une erreur stratégique qui ne peut que conforter l'image apaisante et rassembleuse du Béarnais, adepte de l'Union nationale et non de l'affrontement partisan.

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