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22/11/2011

Everybody Except Germany

 

Alors que la commission bipartisane du Congrès se montre toujours incapable de dégager un compromis permettant d'assainir les finances publiques américaines, plombées par plus de 14 000 milliards de dettes (100% du PIB outre-Atlantique), les Etats-Unis continuaient toujours hier d'emprunter sur 10 ans à 1,96%, à peine plus que l'Allemagne, à 1,92 et beaucoup moins que la France à 3,47. Pourtant Paris et Washington sont tous deux sous surveillance des agences de notation et la situation française, avec prés de 85% du PIB d'endettement, et un déficit courant moindre, est relativement meilleure.

 

Une des leçons à tirer est clairement que la notation sur dette souveraine n'a guère de sens. Du reste, nos amis néerlandais et finlandais, qui se targuent de toutes les vertus budgétaires, en font l'amère expérience ces jours ci, eux qui désormais sont aussi mal traités par les marchés que de vulgaires Français malgré un triple AAA garanti sur facture. Ce que regardent en fait les investisseurs, c'est la capacité de leurs débiteurs à les rembourser. Capacité politique, mais de ce point de vue le blocage institutionnel américain n'a rien à envier au nôtre, mais aussi et surtout capacité financière, et à cet égard, la différence est énorme de part et d'autre de l'Atlantique.

 

Culture de stabilité Si le US T-Note reste aussi bien côté et la pauvre OAT française si mal, c'est simplement parce qu'en cas de problème, le Trésor américain pourra toujours monétiser sa dette auprès de la Réserve fédérale tandis que l'Agence France Trésor n'aura que ses yeux pour pleurer auprès de la Banque centrale européenne dont ce n'est ni la vocation juridique, ni le désir à ce stade, d'acheter de la dette publique. Dans un cas les créanciers peuvent au moins compter sur un remboursement avec du dollar dévalué, dans l'autre sur quoi peuvent-ils compter: les promesses de plan de rigueur à répétition qui ne font qu'asphyxier l'économie?

 

La pression allemande en faveur d'une culture de stabilité a été une bonne chose tout au long de cette période. Il est évident, ne serait-ce qu'à la tonalité de la campagne présidentielle, que l'équilibre budgétaire est devenu une préoccupation politique largement partagée et comprise des Français. Cette ambiance vertueuse a permis de renforcer l'application du Pacte de stabilité, ce qui a d'ailleurs déjà valu un avertissement à la France pour son budget 2013.

 

Modifier l'article 123 Reste qu'il faut solder le passé grec, irlandais, portugais, peut être demain espagnol, puis italien, voire français, et la conception du Fonds européen de stabilité financière ne lui permet pas d'exercer cette mission. C'est ce doute que mettent en exergue les tensions obligataires généralisées à toute l'Eurozone sauf l'Allemagne. Et la seule manière d'éradiquer ce doute est d'inciter sans plus attendre la BCE à intervenir massivement sur le marché secondaire de la dette avant de modifier l'article 123 du Traité qui interdit explicitement à la BCE de prêter directement aux Etats membres ou à des Institutions de l'UE. Ca tombe bien: Berlin veut justement changer le Traité. Qu'on parle alors des vrais sujets.

 

Alors que la commission bipartisane du Congrès se montre toujours incapable de dégager un compromis permettant d'assainir les finances publiques américaines, plombées par plus de 14 000 milliards de dettes (100% du PIB outre-Atlantique), les Etats-Unis continuaient toujours hier d'emprunter sur 10 ans à 1,96%, à peine plus que l'Allemagne, à 1,92 et beaucoup moins que la France à 3,47. Pourtant Paris et Washington sont tous deux sous surveillance des agences de notation et la situation française, avec prés de 85% du PIB d'endettement, et un déficit courant moindre, est relativement meilleure.

 

Une des leçons à tirer est clairement que la notation sur dette souveraine n'a guère de sens. Du reste, nos amis néerlandais et finlandais, qui se targuent de toutes les vertus budgétaires, en font l'amère expérience ces jours ci, eux qui désormais sont aussi mal traités par les marchés que de vulgaires Français malgré un triple AAA garanti sur facture. Ce que regardent en fait les investisseurs, c'est la capacité de leurs débiteurs à les rembourser. Capacité politique, mais de ce point de vue le blocage institutionnel américain n'a rien à envier au nôtre, mais aussi et surtout capacité financière, et à cet égard, la différence est énorme de part et d'autre de l'Atlantique.

 

Culture de stabilité Si le US T-Note reste aussi bien côté et la pauvre OAT française si mal, c'est simplement parce qu'en cas de problème, le Trésor américain pourra toujours monétiser sa dette auprès de la Réserve fédérale tandis que l'Agence France Trésor n'aura que ses yeux pour pleurer auprès de la Banque centrale européenne dont ce n'est ni la vocation juridique, ni le désir à ce stade, d'acheter de la dette publique. Dans un cas les créanciers peuvent au moins compter sur un remboursement avec du dollar dévalué, dans l'autre sur quoi peuvent-ils compter: les promesses de plan de rigueur à répétition qui ne font qu'asphyxier l'économie?

 

La pression allemande en faveur d'une culture de stabilité a été une bonne chose tout au long de cette période. Il est évident, ne serait-ce qu'à la tonalité de la campagne présidentielle, que l'équilibre budgétaire est devenu une préoccupation politique largement partagée et comprise des Français. Cette ambiance vertueuse a permis de renforcer l'application du Pacte de stabilité, ce qui a d'ailleurs déjà valu un avertissement à la France pour son budget 2013.

 

Modifier l'article 123 Reste qu'il faut solder le passé grec, irlandais, portugais, peut être demain espagnol, puis italien, voire français, et la conception du Fonds européen de stabilité financière ne lui permet pas d'exercer cette mission. C'est ce doute que mettent en exergue les tensions obligataires généralisées à toute l'Eurozone sauf l'Allemagne. Et la seule manière d'éradiquer ce doute est d'inciter sans plus attendre la BCE à intervenir massivement sur le marché secondaire de la dette avant de modifier l'article 123 du Traité qui interdit explicitement à la BCE de prêter directement aux Etats membres ou à des Institutions de l'UE. Ca tombe bien: Berlin veut justement changer le Traité. Qu'on parle alors des vrais sujets.

  

Commentaires

Dis donc Yannick, relis toi. Tu n'as pas l'impression de te répéter un peu?
Sinon, Le première leçon à tirer de cette situation, c'est qu'être maître de sa monnaie fait une sacrée différence. Et qu'aucun des Etats de l'eurozone ne l'est.
La BCE, si.

Écrit par : x.delcourt | 25/11/2011

@X.Delcourt: Hélas oui, je me répète. Et j'ai pas fini mais que te dire: j'ai cru au printemps à l'arrangement intergouvernemental sur le FESF. J'ai douté à l'été, je n'ai plus eu de doute à l'automne. Et comme il est trop tard pour un Fonds communautaire, et que de toute manière plus personne ne pourrait le garantir, il ne reste plus que la BCE. J'en ai certes toujours parlé en dernier recours, mais là, je crois qu'on est au stade du dernier recours. BCE, Notre Dame du Dernier Secours, prie pour nous!

Écrit par : Yannick Laude | 25/11/2011

Il y a des doublons dans votre texte. Je répète : il y a des doublons dans votre texte.

Et ça fait 2 commentaires de ma part qui ne passent pas...

Écrit par : TyrandO | 25/11/2011

BCE? C'est pour mieux te manger, mon enfant.

Écrit par : x.delcourt | 25/11/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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