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27/09/2011

La fin d'un monde

Quelque soit l'issue de la tragédie grecque qui menace toute l'Europe, il est d'ores et déjà certain que la crise de la dette souveraine transatlantique va accélérer les mutations géostratégiques en cours, pour le plus grand bénéfice du modèle chinois émergent. Il ne faut en effet pas se leurrer sur l'origine de la violence des attaques contre les banques européennes par l'establishment de la City et de Wall Street et de leurs porte-étendards que sont le Financial Times et le Wall Street Journal: leur inquiétude sur la santé du système financier européen, aussi justifiée soit-elle, ne vise en fait qu'à refiler à l'Eurozone le mistigri de la perte globale d'influence de l'Occident sur les affaires du monde.

Je l'ai déjà dit et redit ici: les Etats-Unis ne vont pas mieux que l'UE et vont même à bien des égards beaucoup plus mal. Le taux d'endettement public est supérieur au nôtre et aggravé par l'absence d'épargne et un taux d'endettement privé qui n'a d'équivalent dans aucun pays de l'UE. Le taux de croissance est à peine plus élevé qu'en l'Europe et tout aussi insuffisant pour créer des emplois, les Etats-Unis connaissant en outre depuis 2008 un chômage structurel qui était jusqu'à présent que la seule mauvaise marque de fabrique du Vieux Continent. Tout cela n'aurait pas été si grave voilà encore 10 ans car, après des mois de paniques financières et de soubresauts boursiers, la réallocation des crédits aurait tranquillement retrouvé le chemin de l'investissement de part et d'autre de l'Atlantique. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé après la crise de la bulle Internet de 2000.

Conserver les miettes Mais si Washington met aujourd'hui tant de pression sur Paris, Berlin et Bruxelles, c'est parce que les stratèges américains savent qu'après cette crise de la dette souveraine, l'ordre des choses aura changé et qu'il n'y aura plus de place pour deux challengers occidentaux sur le marché international des capitaux. Pour des raisons tant objectives - développement économique - que subjectives - désir d'affirmation nationale -, la Chine va sortir victorieuse de cette lutte à mort entre le dollar et l'euro, accaparant définitivement les investissements et l'attention du monde. Sentant venir cette perspective, les Américains veulent au moins conserver les miettes et tous les moyens sont bons, à commencer par dénigrer leurs "alliés" et "partenaires" européens. Quant à ces derniers, pourtant parfaitement conscients de l'enjeu, ils préfèrent s'arcbouter sur leurs petites et médiocres souverainetés nationales plutôt que de réagir collectivement. 

Commentaires

"Quant à ces derniers, pourtant parfaitement conscients de l'enjeu, ils préfèrent s'arcbouter sur leurs petites et médiocres souverainetés nationales plutôt que de réagir collectivement. "

1) Mais pour faire QUOI ?? Le FESF ne résoudra pas le problème de la non compétitivité de certains pays dit "faibles". On ajoute de la dette à la dette pour gagner du temps et on fait souffrir les Grecs pour rien.

2) La Suisse "s'arcboute sur sa petite et médiocre souveraineté nationale" et bizarrement se porte bien...

3) Tant que vous et les responsables européens ne compreniez que l'euro trop fort pas adapté à des écos si divergentes) bousille votre beau projet européen, alors vous allez continuer à mener les citoyens européens dans le mur!

4) Tant que vous et les responsables européens ne compreniez qu'il est URGENT de mettre des protections à nos frontières européennes contre les produits venant des pays à bas coût salarial et social, vous allez continuer à mener les citoyens européens dans le mur!

Merde! c'est pourtant simple à comprendre, non ?!

Écrit par : Léa | 28/09/2011

Une lutte à mort entre le dollar et l'euro? Euh, là, Yannick, tu crois vraiment à ce que tu écris?

Écrit par : x.delcourt | 01/10/2011

@ Xavier: la politique américaine étant tout, sauf idéologique, je n'explique que par cette analyse financière (succinte, certes, et qui mériterait 'être étayée davantage) l'acharnement mis sur notre dos, y compris par Obama lui-même.

Écrit par : Yannick Laude | 03/10/2011

Ce n'est pas une guerre. Tu connais la différence. Ce n'est pas monétaire. Et tu sous-estimes la panique d'Obama , aussi forte que celle de nos gouvernants, devant l'incapacité de l'UEM à agir, et le coût astronomique qui se profile.
Pour le reste, oui, le monde va changer en conséquence. C'est commencé. Et la façon dont nous choisirons, politiquement, de résoudre cette crise, formera notre nouveau sol.

Écrit par : x.delcourt | 04/10/2011

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