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07/04/2011

Errare humanum est car le marché a toujours raison

Ici même, rendant compte le 25 mars de mes impressions sur le dernier Conseil européen, je me suis livré à une double analyse des résultats, une optimiste et une pessimiste et j'ai opté pour la première. J'ai eu tort, du moins sur le volet économique et financier des décisions prises par les Vingt Sept: à peine deux semaines plus tard en effet, le Portugal est à son tour emporté par la tourmente obligataire, ses banques elles-mêmes se refusant désormais à refinancer plus avant l'endettement lusitanien alors que la notation des comptes publics portugais ne cesse de se dégrader.

L'appel au secours de Lisbonne, qui pendant des mois s'est refusée à cette issue jugée attentatoire à sa souveraineté, vient cueillir à chaud les Grands Argentiers de l'UE réunis à partir de demain à Budapest pour un Conseil théoriquement informel mais qui devra bien prendre des décisions formelles. Et c'est là où j'ai pêché par optimisme: manifestement le marché a clairement des doutes sur la capacité des Européens à abonder davantage le Fonds européen de stabilisation financière (FESF). Ce Fond de sauvetage déjà sollicité en novembre 2010 par l'Irlande à hauteur de 85 milliards devrait donc être maintenant amené à prêter environ 75 milliards au Portugal. Face à de telles sommes, non seulement le FESF va devoir accélérer la levée de fonds sur les marchés dans ses limites actuelles de 250 milliards, mais ses actionnaires de la zone euro vont devoir en plus accélérer leurs marchandages pour parvenir, sans doute plus rapidement qu'en juin comme prévu, à le porter à 440 milliards.

Fédération budgétaire Compte tenu de la lourdeur des procédures intergouvernementales qui préside à sa mise en oeuvre et de la crise politique au Portugal qui est en campagne électorale anticipée, période peu propice à négocier un plan d'austérité drastique pourtant indispensable pour en bénéficier, j'ai le sentiment que l'UE replonge dans de grandes difficultés. Difficultés attisées par les spéculations concernant l'Espagne et alors que la BCE, lassés par les atermoiements des Vingt Sept à s'engager clairement sur la voie d'une fédération budgétaire, s'apprête à la fois à augmenter ses taux d'intérêt, ce qui ne fera qu'aggraver les déséquilibres économiques, et à diminuer ses interventions sur le marché obligataire. Une perspective qui sape décidemment tout optimisme.

 

 

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