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27/09/2010

Les coûteuses joyeusetés du Collège européen de police

J'ignore s'il s'agit du bon Ulf Göransson, que l'on voit hilare sur un mur Facebook, trois ravissantes blondes courtement vêtues de rose, l'enserrant joyeusement...  toujours-est-il qu'Ulf Göransson a été débarqué de la présidence du conseil d'administration du Collège européen de police (CEPOL) pour être remplacé par un Hongrois au profil beaucoup plus sérieux! Car Ulf, haut fonctionnaire suédois à la carrière jusqu'alors terne, s'amusait bien: à peine arrivé à Branshill, au siège du CEPOL en avril 2007, sa note de téléphone explosait au même rythme que les bouchons de champagne dans les fastueuses réceptions qu'il donnait, et dont les invités étaient intégralement pris en charge.

Les premiers à donner l'alerte - sans doute sur dénonciation - furent les limiers de l'Office européen de la lutte anti-fraude (OLAF) qui découvrirent en 6 mois pour 30 000 euros de frais indus (nonobstant naturellement un salaire dépassant les 15 000 euros mensuels). La Cour européenne des Comptes a alors mis son nez dans cette pétaudière avec un rapport d'audit accablant: 280 000 euros en 2 ans dépensés, sinon toujours frauduleusement, du moins sans respecter la règlementation financière tatillonne qui préside naturellement à toute dépense au sein des Institutions européennes. Car contrairement à la France, où un rapport de la Cour des comptes reste le plus souvent sans conséquence, un audit européen fait des dégâts, surtout s'il est doublé d'un rapport de l'OLAF. C'est même la genèse de la chute de la Commission européenne, contrainte à la démission en 1999 après des mois de révélations sur la mauvaise gestion bruxelloise.

Question qui fâche Le pire, c'est que bien qu'alertés par les dérives somptuaires du gaillard nommé par leurs collègues ministres de l'Intérieur, les ministres européens des Finances se sont certes résolus à se débarrasser d'Ulf Göransson, mais n'en n'ont pas moins tenté d'échapper à leur responsabilité en demandant qu'on lui donne quand même quitus pour l'exécution du budget 2008, le dernier qu'il ait pleinement géré. Si l'on ose dire.  La commission du contrôle budgétaire (CONT) du Parlement européen ne l'a pas entendu de cette oreille qui a refusé aujourd'hui d'endosser les comptes du CEPOL ainsi présenté toute honte bue par le Conseil des ministres.

Non sans poser la question qui fâche: pourquoi cette agence, dont la mission consiste à organiser des séminaire de formation pour les hauts gradés des polices nationales, doit il avoir son propre siège, qui plus est paumé au milieu de la campagne britannique, plutôt que d'être rattaché à Europol, l'Office européen de coopération policière installé à La Haye et dont chacun loue l'efficacité des services? Question subsidiaire: pourquoi les ministres ont nommé un conseil d'administration de 27 membres (tous rémunérés mais dont les noms sont introuvables sur l'organigramme!)  alors que le CEPOL ne compte que 24 membres du personnel, les formateurs et professeurs étant des prestataires de service externes?

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