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28/07/2010

Journaliste par passion, Européen par raison, fonctionnaire par hasard, apprendre et informer par goût

Journaliste par passion car j'étais journaliste, et j'en avais passion pendant plus de 20 ans. Rarement un métier donne autant de plaisir et de satisfaction, tant il est à la fois concret et intime, et j'y songe souvent avec nostalgie. Ce que j'en regrette le plus est cette obligation régulière, souvent quotidienne, de l'écriture. J'en regrette aussi l'accès professionnel aux sources directes, ces ministres, ces députés, ces fonctionnaires qui disent tant à la presse mais se confient si peu entre eux. Et ne se fient davantage les uns aux autres, ce qui ne fait que perdre un temps cruel et vain à l'action politique.

Européen par raison. Bien sûr. Qui pourrait être Européen de cœur, surtout de nos jours ? Qui pourrait adhérer à une construction juridique comme l'UE, qui produit si peu de valeurs et tant de normes ? Mais néanmoins qui peut raisonnablement douter qu'aucune alternative n'existe  face aux grands ensembles économique et politique émergents ? Qui peut prétendre et démontrer que l'Union de l'Europe protège nos Nations moins bien qu'elles ne pourraient se protéger elles-mêmes? Qui peut de bonne foi contester que l'euro est devenu un succès monétaire mondial en une dizaine d'années et que les Cassandres qui voyaient sa perte à la faveur de la crise financière se sont fourvoyés?

Fonctionnaire par hasard....le hasard politique en quelque sorte. Depuis le 10 mai 1981, le jour de mon premier vote, j'ai toujours été fidèle à la gauche. J'ai même été membre du Parti socialiste. Mais la Dame des 35 heures m'en a éloigné irrémédiablement. Comme des millions d'autres travailleurs indépendants, précaires, ou travaillant en PME ou artisanat, je me suis dit : « Voilà encore une réforme sociale, une de plus, qui concrètement ne profitera qu'aux employés des grosses boites et à l'administration ».  Comme des centaines de milliers d'autres aussi, ma voix a fait défaut à Lionel Jospin en 2002. Moi, c'était pour François Bayrou.

C'était encore le hasard à l'époque. Cela faisait 12 ans que je vivais et travaillait comme journaliste à Bruxelles et François Bayrou fut le seul, pendant cette campagne présidentielle, à tenter de parler d'Europe, c'est à dire de mon univers quotidien. Cet engagement a suffi pour que je lui confie ma voix. Mais le hasard est devenu un choix quand l'UDF aux élections européennes  de juin 2004 a décidé de rompre avec le groupe du Parti Populaire Européen (PPE), où siège l'UMP, pour créer avec les autres partis centristes européens l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, que j'ai rejoins comme conseiller de presse en octobre de la même année.

Mon métier m'avait amené à connaître de prés cette négociation politique et ses acteurs et j'arrivais à un âge (45 ans) où l'on envisage l'aphorisme de Jules Janin, selon lequel « le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir ». La perspective d'entrer au Parlement européen me séduisait d'autant plus que c'était l'Institution promise à devenir  la grande gagnante de la Constitution européenne, alors enfin conclue, et dont j'avais suivi avec passion, tant professionnellement que d'un point de vue citoyen, les diverses étapes de gestation. Je réalisais alors un livre entretien avec François Bayrou, lequel, visionnaire, me confiait déjà en pleine rédaction de « Oui »,  dès décembre 2004, que le référendum était perdu.

Et de fait le 29 mai 2005 fut un désastre politique dont les contempteurs  de la Constitution porteront à jamais la responsabilité. Le Traité de Lisbonne conserve en effet tout ce qu'ils abominaient mais sa pratique, depuis son entrée en vigueur en décembre 2009, mine toutes les avancées constitutionnelles. Alors que la Constitution était portée par un élan communautaire qui promettait davantage de démocratie européenne, le Traité de Lisbonne pourrait devenir - l'instrument des Etats, qui, par pusillanimité, préfèrent maintenir le statu quo plutôt que de céder la réalité des pouvoirs dévolus aux Institutions communes qu'ils ont pourtant créées.

Vous l'avez compris, ce blog ne participera pas à la légende noire de Bruxelles. Pas plus d'ailleurs qu'à sa légende dorée. Mais placé aux carrefours de tant d'expériences, et avec la facilité que procure ce nouveau moyen de communication, j'ai bien l'intention d'expliquer pourquoi, voire comment, l'Europe peut et doit changer. La réflexion est déjà l'action et la réflexion politique déjà l'action politique. Car ce blog, fidèle à mes engagements mais indépendant dans mes analyses et réflexions, ne pourra se détacher du terreau français où je suis toujours enraciné, de notre histoire dont mes études initiales auraient pu me faire métier, de la politique française qui doit apporter son génie et non plus son arrogance à l'Histoire européenne.

 
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