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19/03/2012

L'oeuvre au noir de Nicolas Sarkozy

Bernard Tapie a apporté hier soir son soutien à Nicolas Sarkozy avec des arguments de haute volée: Hollande est un "cake" et Sarkozy est "le mec qui a sauvé (...) votre épargne, mon épargne". En réalité, Sarkozy est surtout celui qui a (re)créé "l'épargne" de Tapie: 285 millions d'euros récupérés en 2008 sur le dos du contribuable grâce au jugement complaisant d'un tribunal arbitral opportunément convoqué, contre l'avis de son administration, par la ministre des Finances de l'époque, Christine Lagarde. "Un abus d'autorité", a d'ailleurs estimé le parquet général de la Cour de cassation qui a confié en août dernier à la Haute Cour de Justice de la République une enquête pour "complicité de détournement de biens publics et complicité de faux" à l'encontre de la Grande Duduche, exfiltrée aussitôt au FMI par Sarkozy.

La Haute Cour de Justice de la République qui s'intéresse aussi de prés à un autre ex-ministre de Sarkozy, Eric Woerth, avec pas moins de trois instructions pour "prise illégale d'intérêt" ouvertes en janvier 2011. Il s'agit d'éclaircir les conditions de la vente d'une parcelle de 57 hectares de la forêt de Compiègne comprenant un golf et un hippodrome, pour 2,5 millions d'euros, à la Société des courses de Compiègne (SCC). Une vente domaniale qu'avait toujours refusée le ministère de l'Agriculture, et dont le prix est jugé bradé. Le fait que le président du SCC, Antoine Gilibert, soit membre du premier cercle des donateurs de l'UMP dont Woerth était trésorier, et que Hubert Monzat, directeur général de France Gallop, société contractante de la SCC, était également le collaborateur d'Eric Woerth au ministère du Budget, est naturellement un hasard.

Ame damnée Accessoirement, Eric Woerth a été par ailleurs mis en examen en février dernier par la justice ordinaire pour "trafic d'influence passif" et "recel de financement illicite de parti politique" dans l'affaire à tiroir dite Liliane Bettencourt, autre généreuse donatrice du premier cercle de l'UMP et fraudeuse fiscale avisée: sa comptable était la femme du ministre du Budget! Pour faire bonne mesure, le procureur de Nanterre, Philippe Corroye, qui ne cache pas sa sarkozyte aigüe, avait été mis en examen en janvier dernier, pour avoir fait espionner les journalistes qui précisément enquêtaient sur la dite affaire Woerth-Bettencourt. Une inculpation précédée en octobre 2011, par celle de Bernard Squarcini, chef de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et âme damnée de la police politique sarkozyste qui a multiplié les écoutes illégales. 

Autre feuilleton à rebondissement: l'affaire Karachi, cet attentat au Pakistan qui a coûté la vie à 14 personnes, dont 11 de nos compatriotes, en raison, estime non sans preuves le juge d'instruction saisi de ce dossier tentaculaire, d'une sombre affaire de rétro-commission pour la vente de frégates militaires à Islamabad, dont le fruit devait servir au financement de la campagne d'Edouard Balladur de 1995. Nicolas Sarkozy n'est bien sûr en rien mêlé à cette magouille: il n'était que le porte-parole du Grand Mamamouchi. C'est donc sans aucun rapport avec lui que deux de ses plus proches amis, Nicolas Bazire, témoin de son mariage avec Carla Bruni, et Thierry Gaubert, ex-secrétaire général de la mairie de Neuilly-sur-Seine quand il en était maire, ont été mis en examen dans cette affaire pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux". Dans ce palmarès des riches soutiens de Sarkozy inculpés dans l'affaire Karachi, n'oublions pas le salopard en chef, Ziad Takkiedine, l'homme qui entre deux ventes d'armes, passe ses vacances avec Jean-François Copé et qui, acculé par la justice, vient de révéler au magistrat instructeur que Kadhafi avait financé la campagne de 2007 comme un vulgaire donateur du premier cercle. On comprend mieux pourquoi le dictateur libyen a été exécuté avant de parler.

Baratin pour électeurs gogos Le portrait de cette République irréprochable promise par le Président sortant serait incomplet si on ne citait les ministres contraints ces dernières années à la démission pour divers agissements que la morale réprouve: Christian Blanc, qui faisait payer sa consommation annuelle de dizaines de milliers d'euros de cigares cubains par le contribuable, Michèle Alliot-Marie, en affaires immobilières avec le clan tunisien Ben Ali, Alain Joyandet, qui abusait de ses fonctions pour arracher un permis de construire illégal à Saint-Tropez, ou encore George Tron, qui s'est révélé un DSK au petit pied.

Il n'étonnera personne d'apprendre que la plupart des protagonistes de ces scandales qui ont émaillé le quinquennat étaient au Fouquet's le soir de la victoire de leur maître à tous. Car seuls les naïfs refusent de voir que Sarkozy n'est qu'un chef de bande dont l'unique objectif est de permettre à ses amis de s'en mettre plein les fouilles, quoiqu'il en bafouille sur cette gargote populaire. Tel un chevalier mélenchonien, il a désormais l'intention de poursuivre les exilés fiscaux jusque dans les chiottes de Bruxelles et Genève. C'est gravement se foutre de la gueule du monde. A l'instar de son complice Claude Guéant, qui se découvre une vocation de député à 60 ans passé, la seule chose que cherche Nicolas Sarkozy en multipliant les promesses pour se faire réélire est d'obtenir l'immunité judiciaire. Le reste n'est que baratin pour électeurs gogos. 

20/02/2012

Quand le Borloo est tiré, il faut le boire jusqu'à la lie

Il n'aura pas fallu longtemps pour que se fissure la légende dorée de Petit Père du Peuple qu'était entrain de se forger Nicolas Sarkozy depuis sa déclaration de candidature. Sans doute par souci de porter le fer contre les corps intermédiaires incarnés pour l'occasion par le conseil d'administration de Veolia Environnement auquel l'Etat est entrain de forcer la main, Nicolas Sarkozy viendrait ainsi de décider de la nomination à la tête du plus gros employeur privé de France de Jean-Louis Borloo, dont la réputation n'est plus à faire en matière d'eau et de propreté. Mieux encore, ce recasage de luxe, non seulement permet au Président irréprochable de récompenser son ex-futur Premier ministre pour s'être retiré pitoyablement de la compétition électorale, mais lui sert en outre à dédommager son grand pote, Henri Proglio, le PDG d'EDF.

Ce dernier avait en effet prêté son concours à une récente opération socio-médiatique de style Lejaby, en l'occurrence le rachat par l'électricien semi-public de Photowatt, une entreprise iséroise de panneaux solaires au bord du dépôt de bilan. On cherchera en vain la logique industrielle dans ce tour de passe-passe puisque la politique du tout nucléaire d'EDF est justement à l'origine des déboires de la filière photo-voltaïque française. La seule logique qui guide M. Proglio était d'obtenir en échange de ce service rendu à la campagne électorale sarkozyste la peau du PDG actuel de Veolia Environnement, Antoine Frérot. Il s'agit de son ancien dauphin à l'époque où lui-même présidait le numéro un mondial de la distribution de l'eau et de la gestion des déchets mais dont il dit désormais pique de pendre pour d'obscures divergences de vue stratégique. M. Proglio ne s'est en fait jamais remis de ne pouvoir cumuler les présidences d'EDF et de Veolia, encore qu'il se soit surtout battu pour conserver une double rémunération. Il est vrai qu'Henri Proglio est l'homme des double casquettes, à la fois intime de Nicolas Sarkozy, dont il a été le convive au Fouquet's en 2007, et de Jean-Noël Guérini, le sulfureux président du conseil général des Bouches du Rhône, que la mise en examen pour corruption et divers délits du même acabit dans les marchés publics devrait pourtant inquiéter.

Bref, si nous avions un référendum sur le fait de savoir s'il est bien normal qu'à 2 mois des élections, un Président de la République nomme un affidé politique pour rendre service à un autre affidé, je ne doute guère de la réponse. Heureusement que ce soir tant l'Elysée que Borloo et EDF démentent de fond en comble cette affaire révélée ce matin par Les Echos et Libération. Ce sera donc par le plus grand des hasards, et nullement en raison de ces fuites impromptues, que Jean-Louis Borloo ne sera pas nommé président non exécutif de Veolia Environnement le 29 février prochain. Ce ne sera en revanche pas par hasard si, en cas décidément souhaitable d'alternance politique, M. Proglio est viré de la présidence d'EDF.

11/01/2012

Guéant démission!

Affubler Nicolas Sarkozy du qualificatif de "sale mec" relevait déjà aux yeux de l'UMP du crime de lèse-Président, ce dernier étant le seul à avoir le droit de traiter ses adversaires et mêmes ses amis de toute sorte de noms d'oiseaux, ce dont pourraient témoigner des myriades de journalistes transgressant le fameux "off" derrière lequel François Hollande croyait pouvoir naïvement se réfugier. Mais le délit d'opinion vient de franchir une nouvelle étape: ne pas voter Sarkozy le 22 avril et le 6 mai s'apparente désormais à de la haute trahison puisque selon Bernard Accoyer, le président UMP de l'Assemblée nationale, la victoire de la gauche aurait des "conséquences économiques et sociales (...) comparables à celles provoquées par une guerre." Bigre, heureusement que je m'apprête à voter Bayrou, ne souhaitant pas un si grand malheur à notre pays.

Cette offensive UMP serait risible si ce parti n'était gangréné par la corruption et la manipulation. La dernière affaire en date, révélée par Le Monde, et naturellement non démentie puisque reposant sur des éléments de justice, est ainsi d'une gravité extrême puisqu'à l'instar des pratiques en vigueur dans les dictatures, on apprend que des hauts fonctionnaires de police, nommés à l'époque Jospin, avaient été débarqués en 2007, sur base de preuves truquées et fabriquées par l'Inspection Générale des Services. Ceux qui doutent que Claude Guéant, l'âme damnée du "sale mec", soit à l'origine de ce montage, qui a brisé la carrière de ces fonctionnaires, depuis blanchis, sont très attachés à la présomption d'innocence. Ils devraient visionner la tête inquiète et écouter les dénégations énoncées d'une voix hésitante par ce récidiviste des coups tordus cet après midi à l'Assemblée nationale: la police en a incarcéré beaucoup qui avaient l'air moins coupables!

 
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