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19/06/2012

Je suis venu écrire que je m'en vais

Chers lecteurs, bien que rares ces derniers temps, ce qui est normal vu que j'ai laissé ce blog en déshérence depuis des semaines. Et il le demeurera encore pour des mois, peut être à jamais.

Non que la période ne soit passionnante et que je ne brûle de la commenter. Pensez donc, ces fameuses euro-obligations dont je parle ici depuis deux ans sont enfin sur la table du Conseil européen!  Mais vous pourrez toujours continuer à suivre les aventures de l'euro en lisant l'excellent blog de Jean Quatremer, fidèle disciple fédéraliste.

Du moins ce blog m'aura redonné le goût de l'écriture, que j'avais abandonnée quelques années après avoir quitté le journalisme pour entrer dans la fonction publique européenne. J'ai toutefois choisi de placer ce talent au service de mon imagination débordante, plutôt qu'à celui de mes convictions politiques, pour me lancer dans un autre type d'écriture. Ayant un travail, au demeurant fort bien rémunéré, vous comprendrez que je ne puisse de surcroît mêler de front la rédaction d'un livre et la tenue d'un blog.

 Meilleurs sentiments à tous.

12:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook

07/05/2012

Aides toi, l'Europe t'aidera

La défaite de Nicolas Sarkozy en France, le énième revers électoral d'Angela Merkel aux élections régionales allemandes et la colère électorale grecque ont signé dimanche soir l'acte de décès du Merkozysme dont l'oeuvre majeure demeure le Traité de stabilité budgétaire que François Hollande a affirmé vouloir renégocier. Un mot dont on ne veut pas entendre parler à Berlin, où le nouveau Président fera sa première visite, mais qui pourrait être opportunément remplacé par le verbe compléter, puisqu'en définitive c'est bien çà qui manque dans ce Pacte budgétaire: que la rigueur que s'imposent chacun des Etats au plan national pour restaurer ses finances publiques soit complétée par une politique européenne de relance économique afin de tirer la croissance de tous. 

Grands travaux d'infrastructures Ce plan de relance existe déjà dans les tiroirs bruxellois et consiste à mobiliser les 1500 à 2000 milliards d'euros d'investissements publics et privés nécessaires pour financer les nouvelles infrastructures énergétiques, les lignes Internet à haut débit, les routes et les voies ferrées dont l'UE a besoin pour moderniser son marché intérieur. Dans le domaine électrique, il y a même urgence puisque la sortie brutale du nucléaire en Allemagne et la réorientation attendue de la politique énergétique française obligent à repenser tout le système de production et de distribution en Europe. Dans la mesure où les Etats membres n'ont pas les moyens d'apporter leurs garanties aux entreprises désireuses de s'engager dans ces grands travaux, l'idée serait de passer le relai à l'UE, qui a sa structure juridique propre et n'a aucune dette.

Lorsque François Hollande a évoqué ce projet, dans son face à face avec Nicolas Sarkozy, ce dernier, avec la mauvaise foi dont il est coutumier, a ironisé sur le mode "vous voulez ajouter de la dette à la dette". Evidemment, dit comme ça, la formule a fait mouche et la discussion était close. Sauf que les emprunts obligataires à fin d'investissement dans de grands travaux d'infrastructures ne visent pas à créer de la dette stérile mais de la valeur ajoutée. L'ex-Président de la République était pourtant bien placé pour la savoir: c'était toute la logique du Grand Emprunt qu'il a lui-même lancé fin 2009 en France.

Crédibiliser les emprunts L'idée n'est pas que la Commission décide depuis Bruxelles des chantiers à ouvrir mais d'aider l'entreprise en charge d'un projet d'infrastructure à crédibiliser les emprunts qu'elle doit lever pour le mettre en oeuvre auprès d'investisseurs privés de long terme (fonds de pension, compagnies d'assurances, fonds souverains...). La BEI garantiraient ou investiraient ainsi dans la dette subordonnée afin d'améliorer la notation des tranches obligataires les plus longues, les rendant ainsi plus attrayantes pour les investisseurs institutionnels. Le budget européen pourrait venir en renfort de cette opération de rehaussement de crédits, en étant naturellement intéressés aux bénéfices que ne manqueront pas de produire l'exploitation des infrastructures ainsi financées.

Les entreprises allemandes n'étant pas les dernières à pouvoir profiter de cette opportunité, d'autant qu'à la faveur des nouvelles règles prudentielles le crédit bancaire se raréfie aussi outre-Rhin, il n'est plus exclu que Berlin souscrive à ce projet connu sous le nom de "project bonds" et qui bénéficie déjà de nombreux soutiens à Bruxelles, en particulier au Parlement européen. Mais s'il veut convaincre Angela Merkel de se lancer dans cette direction, il faudra que François Hollande la rassure par deux préalables: qu'il s'engage résolument à travers la prochaine loi de finances rectificatives à réduire le déficit et l'endettement et qu'il souscrive simultanément à des réformes structurelles, en particulier son marché du travail. La croissance européenne n'est pas une alternative à la rigueur française, c'est son complément. 

04/05/2012

Un homme d'honneur

Honte à moi qui dans mon dernier billet privilégiait la tactique sur le fond et sommait François Bayrou de choisir le ralliement au Président sortant. Le conseil ne s'appliquait d'ailleurs pas à moi-même, qui annonçais dans le même écrit mon intention de voter François Hollande, mais je n'en voyais pas de meilleur à donner au président du MoDem s'il voulait conserver une chance de peser sur la vie politique. A cet égard, je n'ai d'ailleurs pas changé d'avis, doutant toujours fort que le MoDem puisse avoir des élus hors un accord avec l'UMP, et alors que le PS n'a aucune intention de s'allier avec lui. Et réciproquement. En renonçant à la gamelle sarkozyste, François Bayrou a donc fait preuve d'une dignité et d'un courage rares en politique. Prenant la mesure d'un Sarkopen chaque jour davantage plus ignoble dans cette fin de campagne, le Béarnais a préféré la retraite politique plutôt que le reniement moral. Chapeau.

 
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